La conversion atelier 5

En commençant notre parcours par « la brebis perdue » (Lc 15, 1-8), je ne voulais pas particulièrement montrer que nous étions perdus comme cette brebis arpentant les collines de la Galilée. Cependant, les circonstances politico-sociales nous indiquent que la brebis n’est pas la seule à avoir dévissé et s’être perdue dans les tourments d’une pensée individuelle et collective incertaine.

Comment mettre en place notre CONVERSION !

Le Seigneur n'est

pas venu pour les "nantis" !

C’est le moment de s’interroger, en cette cinquième séance, sur ce que nécessite la conversion pour qu’elle se mette en place au milieu du fracas social inquiétant et voulu par certaines franges très minoritaires de la population. Sans porter discrédit au sentiment légitime d’injustice qui domine, il apparait qu’il faut chercher ailleurs un autre mode du vivre ensemble car, au-delà de notre situation française, c’est le vivre ensemble qui se pose dans bien des pays, lorsque l’économie, l’argent, la finance sont devenus des finalités au lieu d’être des moyens au service des populations pour faciliter et développer ce vivre ensemble. Le mal-être est général. La haine se répand comme justifiant tous les comportements même les plus extrêmes. Alors, osons parler de ce qui donne du sens, de la paix et de la joie. Le Seigneur qui vient parmi nous n’est-il pas celui qui nous permet de sortir de l’ornière dans laquelle les hommes se sont mis de leur plein gré, car la crise que nous traversons peut se décrire comme le rassemblement des égocentrismes insatisfaits.

Plus que jamais, la juste place du Seigneur dans nos vies nous permet de mettre une lumière dans un monde bien fracturé. Le Seigneur est venu d’abord pour ce monde, malade, désabusé, craintif, égocentré, pour apporter la joie, la paix, le désir de partage entre les hommes, tout ce dont nous avons besoin aujourd’hui. Il n’est pas venu pour ceux qui se considèrent comme nantis, qui affichent « Complet » et qui préfèrent les cercles fermés et feutrés de leur classe. Il vient pour ceux qui crient à tort et à travers leur désespoir, leur doute, leur angoisse du lendemain, ceux-là qui cherchent une lumière et une Parole qui les apaisent et qui va donner un vrai sens à leur vie. 

Suivre l'étoile

de la confiance

pour la répandre

autour de nous

Quelle étoile pour notre monde aujourd’hui ?

La conscience du péché est l’acte 1 de la conversion pour recevoir et vivre le pardon et la miséricorde de Dieu. Cette conscience n’est pas l’œuvre d’une culpabilité morbide qui ressasse éternellement sa faute. Car une fois le pardon accordé, une nouvelle ère s’ouvre devant nous, nous mettant sur les pas du partage, du service, transformant notre regard pour voir la grandeur de notre Dieu et de son Amour, et la dignité des hommes et femmes qui sont différents que nous côtoyons et que nous ne connaissons pas. Quels mots d’espérance pour tous ceux qui revendiquent ?

L’acte 2 de la conversion, c’est la confiance. Aujourd’hui, l’heure est à la recherche et la restauration de la confiance. Elle vient comme une étoile dans la nuit. C’est un appel à vivre maintenant la confiance avec le Seigneur, vivre la confiance autour de nous, vivre la confiance dans notre Eglise, quelles que soient les sympathies ou antipathies avec telle ou telle personne, vivre la confiance avec les personnes que nous n’aimons pas ou qui nous paraissent « suspectes ».

C’est le moment de détailler et de chercher en nous comment la confiance peut croitre. Alors creusons notre relation à Dieu et notre relation aux autres.

La confiance du Seigneur, une preuve d’éternité. 

Depuis le jardin d’Eden, Dieu part à la recherche de l’homme parce qu’il a confiance en lui et qu’il veut que celui-ci partage son intimité. Nous le savons, ce n’est pas du côté de Dieu que vient la méfiance et le rejet. La conversion c’est commencer à saisir ce que le mot « salut » veut dire. Et nous sommes sourds et aveugles face à ce mouvement de Dieu vers l’homme. Or, d’une manière constante, sans défaillir un seul instant, Dieu poursuit son dessein envers l’homme. La venue du Fils que nous allons fêter dans quelques jours en est un signe majeur qui ira jusqu’à la croix. Approcher le salut c’est saisir l’incarnation comme manifestation de la présence de Dieu ici et maintenant. Dieu vient parmi nous. Il n’est plus dans les nuages. Il est parmi nous. Il est même au-dedans de nous. Ill ne vient pas dans des palais luxueux et arrogants mais dans une bergerie, lieu de pauvreté et de simplicité. Tout cela pour rencontrer les hommes dans leur misère et leur pauvreté. Quelle confiance de Dieu en l’homme pour mettre en place un tel mouvement et le laisser se déployer jusqu’à son terme ! Cela mérite de la louange et de l’action de grâces envers celui qui vient connaitre toutes les vicissitudes de la vie.

A Noël Dieu vient

parmi nous,

Il nous sauvera sur la Croix ! 

 Laissons tomber ces protections illusoires... pour retrouver avec humilité le chemin vers Dieu

N'ayez pas peur!   garder confiance !

 La confiance, suspicion de faiblesse ?

Pourquoi la confiance n’est-elle pas dans le cœur de chaque homme ? Reprenons le mythe de la Création, la rupture entre Dieu et l’homme se traduit pour l’homme par la perte de confiance en Dieu. C’est le prix de la liberté et sa conséquence directe : l’homme, qui s’est autocentré, se recouvre de protections qu’elles soient physiques, intellectuelles ou affectives pour ne pas être atteint par les autres hommes et par Dieu qui est alors perçu comme un concurrent dangereux quand il se prend pour dieu.

Le chemin de retour vers Dieu est un chemin d’humilité pour accepter l’Amour de Dieu et trouver le retour de la confiance. Mais voilà les protections que chacun a accumulées pour survivre ou pour éviter les coups vont être difficiles à faire tomber. En premier, ces protections sont perçues comme indispensables pour assurer sa survie et son pouvoir. Caïn n’a-t-il pas tué Abel malgré la mise en garde de Dieu « le péché est accroupi à ta porte. Il est à l’affût, mais tu dois le dominer » (Gn 4, 7).

C’est pour cela que penser voir disparaitre ces protections accumulées depuis des années par une simple décision, effet de la volonté, relève du magique. Il nous faut être lucide : retrouver la confiance en Dieu suppose bien des abandons : le sentiment de conduire sa vie comme on l’entend, de ne tenir compte que de soi dans les discernements de la vie courante, d’accumuler de la richesse pour se protéger de l’avenir, de voir l’autre qu’il soit mon voisin, l’étranger ou le migrant comme un risque de danger qui va me blesser, m’écraser, m’humilier, dans ma famille, à mon travail ou même dans ma paroisse.

Chacun est conscient que ce chemin d’abandon va prendre du temps. Lors de notre dernière séance, j’évoquai la grâce comme un dissolvant toujours actif. Gardons-la près de nous, utilisons–la sans hésitation car c’est comme cela que nos attaches si soudées à notre être vont petit-à-petit disparaitre. Au préalable, l’acte de foi dans le Seigneur dans tous les moments de notre vie nous est nécessaire.

C’est l’Evangile de Marc qui va nous éclairer aujourd’hui. L’épisode a un côté radical. Marc sait nous déranger et nous faire sortir de nos positions de croyants tièdes. Le Seigneur fait vivre une expérience difficile à ses disciples : il les envoie sur la mer de Galilée, seuls. Même si ce sont des marins aguerris, ils doivent affronter une mer qui se déchaine.

La marche de Jésus sur la mer (Mc 6, 45-53) est comme une expérience qui va mettre à bas toutes les protections que nous mettons sans cesse en place pour survivre. L’enjeu : le retour de la confiance : « n’ayez plus peur ».

 L'épisode biblique qui nous interpelle aujourd’hui et nous replace dans notre réalité. : 

Jésus marche sur la mer : Marc 6, 45-53

  • Jésus prie son Père, nous montrant la nécessaire intimité qu’il y a entre Lui et son Père

  • Jésus va à la rencontre de ses disciples en difficulté. Il ne les abandonne pas.

  • C’est moi ; n’ayez pas peur ! nous dit que Jésus est bien Dieu en personne qui domine les éléments naturels et restaure la paix intérieure de chacun d’entre nous.

  • Il nous appele  aussi à cette intimité par des temps de silence, sans Smartphones, ordinateurs, tablettes...

  • Jésus est là dans nos malheurs mais aussi dans nos moments de joie.

  • Le « Je Suis » est le sens même de notre vie situé au cœur de notre cœur comme pour dire « je suis avec toi jusqu’à la fin des temps ».