LA CONVERSION atelier 1

La conversion : c'est passer de la Morale à la vie ! 

Aujourd’hui, nous nous lançons dans un nouveau parcours. Ce ne sera plus une lecture en continu d’un livre de la Bible mais une approche biblique par thème.

Ceux qui ne me connaissent pas seront parfois décontenancés par des propos quelque peu provocateurs. Ils ne sont pas dits pour choquer mais pour interpeller une foi qui, parfois, a envie de ronronner. Le Seigneur est toujours là où on ne l’attend pas et il n’est pas là où on voudrait qu’il soit. Je dis cela grâce à toutes les lectures des quatre évangélistes que nous avons faites dans cet Atelier car il nous faut partir de l’essentiel de notre foi : Jésus-Christ. Je dis aussi cela en fonction de mon expérience et des nombreux inattendus que le Seigneur a mis sur ma route, y compris d’animer un atelier biblique.

Nous n’avons pas le choix et c’est tant mieux. C’est Jésus-Christ qui est la raison, le but, le centre, le maitre d’œuvre de ce projet. Et c’est bien grâce aux Evangiles que chacun ou chacune est amène d’en faire la rencontre. Car vous devez savoir que le Seigneur vous attend, qu’il est là près à cette rencontre si nous lui en donnons le feu vert.

Dieu veut notre bonheur et non notre malheur. Il nous veut debout, dignes, libres et aimants. Il ne nous veut pas esclaves, craintifs, vivant dans la peur et dans le jugement. Dieu a tout abandonné par amour pour nous. Il nous laisse entièrement libre, y compris de laisser nous détruire ou de détruire la Terre qu’il nous a confiée. Tout cela pour que, en toute liberté, nous le retrouvions et que nous vivions de son Amour. L’Amour nécessite une pleine liberté. On ne peut aimer dans la contrainte. Car notre Dieu est un Dieu qui nous donne l’Amour, la paix et la joie. Pas à la manière des hommes car la paix qu’il nous donne n’est pas l’absence de malheur ou de souffrance mais sa présence et son amour au cœur de nos moments de bonheur, de nos souffrances et de nos malheurs.

Vivre de Dieu c’est se laisser envahir par Lui, c’est abandonner nos prés carrés, nos possessions, notre petit monde dont nous nous targuons d’en être le propriétaire. C’est pour cela qu’il nous faut parler de conversion.

Convertir. Partons de l’image du ski. Bien que je sois un piètre skieur et que ma hardiesse en matière de ski est nulle, je fais cette comparaison car elle est parlante : faire une conversion c’est changer de sens. On était parti dans une direction et on repart en sens inverse. J’aime bien ce terme car il n’y a aucun jugement, juste un constat d’un changement de direction. C’est ce qui est arrivé à bien des hommes dans leur vie. Ils ont fait une rencontre et ils ont changé leur vie : pensons à Augustin, à François d’Assise et à bien d’autres.

Certes, nous ne sommes pas appelés à être des saints reconnus, fondateurs d’ordre religieux, mais nous sommes appelés par le Christ à être des fils de Dieu non par quelques mérites dont nous pourrions nous vanter mais par l’Amour, la grâce et la miséricorde du Père. Mais pour cela, la partie qui nous revient est de changer de cap.

Commençons maintenant notre exploration. Elle passe, en premier, par la Genèse. Ecoutons, entendons les deux questions posées par Dieu et la réponse de celui qu’il interroge.

«Gn 3, 09 Le Seigneur Dieu appela l’homme et lui dit : « Où es-tu donc ? » 10 Il répondit : « J’ai entendu ta voix dans le jardin, j’ai pris peur parce que je suis nu, et je me suis caché. »

«Gn 4, 09 Le Seigneur dit à Caïn : « Où est ton frère Abel ? » Caïn répondit : « Je ne sais pas. Est-ce que je suis, moi, le gardien de mon frère ? »

La  Foi implique une totale liberté

Vous avez reconnu Adam dans le premier cas et Caïn dans le second. La manière dont nos anciens ont raconté les débuts de notre questionnement est prodigieuse. Dans ces deux questions posées par Dieu et les réponses apportées, tout est dit. Le salut qui viendra de Jésus-Christ ne trouvera écho que par le chemin que chaque homme parcourra pour répondre aux deux questions : « Où es-tu ? » et « Où est ton frère ? »

Détaillons un peu. Quand Adam se trouve devant Dieu qui l’interroge, il se retourne contre Dieu pour lui attribuer la responsabilité de lui avoir donné Eve puis il reporte la faute sur Eve. Entendez le cri de Dieu chargé d’inquiétude pour Adam « Où es-tu ? » Et dites-vous que ce cri retentit dans vos oreilles aujourd’hui « Où es-tu ? » Réponds-moi, je t’attends depuis toujours, reviens, reviens vers moi car je t’aime ».

Caïn répond à Dieu « suis-je le gardien de mon frère ? » renvoyant ainsi à Dieu la garde de son frère. Voilà, pour faire vite, le péché originel. Il s’inscrit dans ces deux moments, le premier quand Adam et Eve posent un acte contre Dieu se prenant pour Dieu, l’autre quand Caïn tue son frère. En quelque sorte, rapidement, Dieu et l’autre, celui qui n’est pas moi, deviennent mes ennemis potentiels, l’un parce qu’il va me juger, l’autre parce qu’il est mon rival. Tout notre drame est là. Pas une personne ne peut fuir la question posée par Dieu. Même en la niant, en la rejetant, chaque homme, chacun d’entre nous est amené à l’entendre dans le tréfonds de lui-même. « Où es-tu ? Qu’as-tu fait ? »

Ainsi, dès les premières lignes de la Bible, la problématique est posée. Elle concerne tous les hommes sans exception sauf Jésus lui-même. Voilà pourquoi parler de conversion c’est revenir à ces moments originels, c’est se tourner vers Jésus et voir le chemin qu’il nous propose pour retrouver l’intimité perdue d’avec Dieu.

Dieu doit se laisser trouvé !

Il nous parle tout le temps Soyons attentifs

Cet été, j’ai lu quelque part – mais je ne sais dans quelle revue ou dans quel livre – une traduction du premier verset de l’évangile de Jean : « Au commencement était la Relation ». C’est une belle traduction : Dieu se communique, Dieu s’adresse aux hommes.

Comme dit Maurice Zundel, « Dieu est Dieu parce qu’il n’a rien, Il est tout en être, tout en valeur, parce qu’il n’a rien, parce qu’il ne peut rien avoir, parce qu’il ne peut rien posséder, parce qu’il a tout perdu éternellement, parce qu’il est le dépouillement subsistant, infini, personnifié, éternel.»

Comprenons bien que le péché des origines, le péché qui nous sépare de Dieu n’est pas une peccadille vis-à-vis de laquelle nous serions relativement étrangers en reportant la faute sur les premiers hommes. Si le mal n’est pas inscrit au fond de nous, s’il n’est pas dans nos gênes, nous trouvons notre pleine satisfaction à y consentir par désir de toute puissance, de domination et de soif de reconnaissance.

Nous sommes contraints d’effectuer notre pèlerinage intérieur pour remonter la pente du chemin qui nous conduit à Dieu. Et cela passe par Jésus-Christ et par lui seul car, nous le savons mais il vaut mieux le répéter, ce ne sont pas nos œuvres qui nous donnent accès à Dieu mais Jésus-Christ lui-même.

Ainsi je vous propose pour ce cycle sur la conversion des textes qui nous aident à rejoindre Dieu par Jésus-Christ et des textes qui nous aident à rejoindre Dieu par les autres.

Bernard Pommereuil 

Abandonnez vous à l'écoute de la Parole !

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