La conversion atelier 3

La question de la Samaritaine aux villageois demeure « Venez voir un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait. Ne serait-il pas le Christ ? » Elle a acquis l’intime conviction que Jésus est bien le Christ et elle va répandre la nouvelle dans le village.

Pas de repos pour la conversion ! c'est de tout instant ! 

Pas de repos pour aller témoigner et proclamer la venue du seigneur ! 

Une petite mort pour découvrir la vraie vie

 

Quand on voit son cheminement, nous ne pouvons que constater qu’il est proche du nôtre : une vie ordinaire faite de moments de plaisirs passagers, de chaos, de solitude … Et l’inattendu arrive, la rencontre avec ce Jésus de Nazareth. C’est une bascule qui s’apparente à ce moment quand une personne achève sa vie dans un ultime souffle. Les personnes autour vivent un avant et un après. Et cet « après » est autre. Plus jamais la vie sera identique même si cette mort était prévisible, parfois attendue quand la maladie ou l’âge avait fait ses ravages.

Car la conversion de la Samaritaine relève de ce moment de bascule où plus jamais sa vie sera identique à la précédente. Elle a vécu une mort à un certain type de vie pour faire émerger une vie qui transcende la mort et tous ses aléas : « Et l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau jaillissant pour la vie éternelle. » (Jn 4, 14). Il lui faut bien cette force de vie pour aller témoigner et proclamer la venue du Seigneur parmi ces gens de Samarie alors qu’elle était certainement jugée comme un paria par les « bons » samaritains de son village.

On imagine bien le doute qui doit traverser l’esprit de nombre de ses voisins quand la porteuse de cruche proclame « Il m’a dit tout ce que j’ai fait. » Est-ce un devin, un mage, un sage ?

Qui est-il ce Jésus de Nazareth ?

 

Et nous pouvons reprendre la question à notre compte : qui est Jésus pour nous aujourd’hui ? Cela mérite que nous nous y arrêtions car les représentations que nous avons du Christ comme de Jésus, le gars de Nazareth sont certainement à convertir. « Femme, crois-moi : l’heure vient où vous n’irez plus ni sur cette montagne ni à Jérusalem pour adorer le Père… Mais l’heure vient – et c’est maintenant – où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et vérité … Dieu est esprit, et ceux qui l’adorent, c’est en esprit et vérité qu’ils doivent l’adorer. » (Jn 4, 21-24)

La conversion est ce moment qui nous fait passer du dehors au-dedans, du Dieu extérieur au Dieu intérieur, d’un Jésus lointain à un Jésus au cœur de notre quotidien. C’est ce qu’a vécu Saint Augustin. Quand on dit un moment, cela peut durer des jours, des mois ou parfois des années jusqu’à ce que notre être, notre cœur aient rejoint le Dieu caché qui était là au fond de nous et que nous voulions ignorer.

Pour renaitre d’eau et d’esprit, il nous faut mourir : perdre notre vie de mondanité et de superficialité et renaitre comme un nouveau-né en réapprenant à marcher, à parler, à toucher les objets, à découvrir ceux qui nous sont chers avec d’autre yeux, d’autres oreilles, d’autres mains, à voir le monde autrement. Pourtant ce sont bien nos yeux, nos oreilles, nos mains, ce sont les mêmes mais voilà ils ont été traversés par le regard intérieur du Christ et en ont été transformés.

C’est le moment de laisser la question « Qui est Jésus-Christ ? » cheminer en nous.

Faire tomber les représentations que l'on a  des autres et de Dieu

 « Qui est l’autre, qui est mon prochain ? »

De même, la question de l’autre va rapidement se poser. Qui est-il celui qui est à côté de moi et que je ne connais pas ? C’est la question du prochain. Qui est mon prochain ?

Oserions-nous dire qu’il s’agit aussi d’une petite mort à vivre, la mort de nos fausses interprétations, nos fausses projections imaginaires ?

Quand nous sommes à l’extérieur de nous, l’autre devient un concurrent, un adversaire qu’il faut convaincre, séduire ou combattre. En tout cas, il n’est certainement pas un autre, porteur du divin. Nous pouvons alors lui porter tous les jugements, interprétations, projections utiles pour ne pas nous laisser atteindre par lui.

Et nous pouvons nous donner de bonnes raisons. Ce pauvre homme qui git par terre sur la route entre Jérusalem et Jéricho l’a probablement cherché. Il n’avait pas à être là ce jour-là quand des bandits viennent le dépouiller et le laissent pour mort. Comment ne pas raisonner ainsi : « Je ne suis pour rien alors je n’ai donc pas à me culpabiliser sous prétexte qu’il lui est arrivé un incident regrettable et ce n’est pas à moi de m’en occuper, il y a tous les services d’urgence à sa disposition. »

Et ces migrants, ces sans-logis, ces écorchés de la vie qui dorment sur des cartons quand il fait froid, qui sont-ils ? Certes, leur situation est peu enviable, mais après tout, ne l’ont-ils pas cherché eux aussi ? Ils boivent, ils se droguent, alors qu’y puis-je ? Ne sommes-nous pas plutôt attirés vers les grands de ce monde qu’ils soient hommes de pouvoir, sportifs, stars de télé qui montrent richesse, pouvoir, plaisirs, luxe sans fin, vie facile et qui sont plus agréables à voir, écouter ou sentir ?

Mon prochain est celui que j'aime au delà de pratiquer "des Bonnes Oeuvres"

Deux épisodes bibliques nous interpellent aujourd’hui et nous replacent dans notre réalité. : 

Nous sommes appelés à recevoir le don du Christ et le partager, alors que nous sommes tentés de l'accaparer !