La conversion atelier 4

Il faut beaucoup d’humilité pour continuer sur le chemin du Seigneur. Celui-ci est rude et le retour à nos pratiques antérieures nous soulage à défaut d’être satisfaisant, car les habitudes qui nous rassurent viennent souvent contrer notre mouvement intérieur.

Il faut être humble pour oser en parler et dire que le but est de laisser le Seigneur placer son trône dans notre cœur et être le maitre de notre Royaume intérieur. C’est le sens du Christ-Roi.

Poursuivons l'aventure avec le Seigneur !

Illusion de l'Homme : Posseder la Vérité

Le péché est la rupture avec Dieu

La Genèse...

Pour poursuivre l’aventure de notre chemin vers le Seigneur, regardons, à l’autre bout du temps, comment le narrateur de la Genèse situe le premier homme, l’Adam ou le glèbeux.

L’enjeu est notre liberté. Il est décrit dans la Genèse. Dieu qui pose la question à Adam « Où es-tu ? » Ce n’est pas l’homme qui crie au secours parce qu’il vient de commettre une bêtise. Qu’est-il donc arrivé ? Le serpent trompe Eve et Adam. Que leur dit-il ? « Mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront, et vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal » (Gn 3, 5). L’enjeu, c’est notre liberté.

Le premier éclair de conscience humaine se produit dans un couple. Et le péché originel consiste justement à usurper le privilège unique de Dieu, en prétendant faire de l’être humain le créateur des valeurs qu’il choisira d’appeler Bien ou Mal.

Nous sommes au début du consentement au mal par l’homme qui remonte depuis que l’homme en tant qu’homme a commencé sa vie sur terre. Cela fait écho à notre monde d’aujourd’hui pour qui chacun a son critère de jugement du bien et du mal et le transforme en vérité définitive. C’est l’impasse dans laquelle nous sommes tous.

Nous le savons, au cœur de notre liberté, le péché est tapi nous attirant vers l’illusion d’une pseudo-liberté. Il est clair qu’aujourd’hui, on ne veut plus parler du péché car il est comme indécent. Le péché s’est fait oublier pour en être aujourd’hui que plus pernicieux. Il est vrai qu’à force de l’avoir vu partout et en tout moment comme on nous l’a enseigné dans le passé, on a fini par ne plus y prêter attention. Le péché a dominé les esprits d’autrefois au détriment de l’immensité de l’Amour de Dieu.

Que font Adam et Eve par leur geste ? Ils instaurent la rupture avec Dieu. Cette rupture disloque tous les autres rapports : entre l’homme et lui-même, quand il est livré à ses convoitises, ses jalousies, ses dominations, il y a alors rupture entre l’homme et Dieu, l’homme et la femme, l’homme et ses semblables, l’homme et la nature.

...Ce récit est d’une actualité troublante. 

Nous sommes coincés – je devrais dire  embourbés – entre notre désir de suivre le  Seigneur et notre désir de liberté qui nous conduit à mener notre vie comme nous l’entendons sans équivoque, sans jugement, sans arrière-pensée avec le désir constant de dire le bien et le mal à notre manière. Alors comment sortir de l’ornière ? Peut-être en essayant de comprendre ce qu’est la liberté qui nous est donnée. La liberté est un immense cadeau car Dieu nous veut libres et non asservis pour participer à sa divinité mais elle nous oblige à faire des choix et à prendre des risques.

C’est par elle que nous allons nous découvrir réellement comme nous sommes car elle va nous révéler notre réel désir de Dieu mais aussi toutes les attaches qui nous retiennent au monde.

La tension dans laquelle nous sommes pourrait nécessiter un acte volontariste : « je vais réussir à chasser tout ce qui n’est pas du Seigneur à la force de mes poignets ». Cela ne marche pas et ce n’est pas la pédagogie du Seigneur qui nous connait mieux que nous et qui nous met en garde pour que « nous ne succombions pas à la tentation ». Il le fait avec douceur, patience et tendresse. Ce qu’il nous demande c’est de la persévérance et de la foi en son Amour et non de jouer les « saints » perfectionnistes par des pratiques extérieures quand elles ne mettent pas le Seigneur au cœur de nos vies.

Nous sommes coincés ...

Suivre le Seigneur

ou mener notre vie

à notre Guise ?

Le Péché adhère à l'Homme comme un chewing-gum qu'on ne peut détacher.

La grâce de Dieu

est un dissolvant puissant pour ne pas entrer en tentation

 La grâce : un dissolvant toujours actif :

Le péché adhère à l’homme depuis la nuit des temps. Adhérences qu’on ne peut retirer par soi-même comme si ces adhérences faites des meilleures colles ne pouvaient être détruites par la volonté ou le génie humain. Il nous faut l’aide d’un puissant solvant. Pour cela, acceptons une aide extérieure, celle de Dieu : cela s’appelle la grâce, le pardon et la miséricorde de Dieu. Il ne s’agit pas de dissoudre quelques peccadilles mais bien d’ôter de notre cœur toutes ces adhérences à la fausse identité qui nous caractérisent celles qui consistent à nous croire maitre ès sciences du Bien et du Mal et à nous faire croire en notre liberté totale quand elle génère la rupture avec Dieu.

Mais nous le savons, Jésus est un pédagogue, un pasteur qui sait de quoi il parle. Comment nous met-il en garde ? Par l’épisode des tentations qu’il a traversées. Regardons cela de près. Jésus vient de se faire baptiser, c’est-à-dire qu’il nous précède dans ce mouvement nécessaire alors que, lui, le Christ, le Fils de Dieu n’en a nul besoin. Puis, aussitôt, nous dit Matthieu comme Marc, il part au désert, poussé par l’Esprit-Saint. Matthieu va nous livrer un épisode essentiel à saisir avant de se lancer dans la mission pour laquelle il est venu sur terre : annoncer le Royaume des Cieux (Lc 4, 18-19).

Les trois tentations sont les trois principales attaches renforcées de nos adhérences au péché. C’est sur elles que les autres adhérences grandes ou petites vont se développer. Alors, si nous voulons les éradiquer, il va nous falloir nous laisser conduire par la grâce de Dieu. C’est incroyable ! Au moment où le pardon s’exerce, lors du sacrement de réconciliation, tout disparait, laissant notre passé comme initiateur de ce moment mais sans conséquences sur l’avenir, car notre passé n’est pas à renier en raison de la grâce qui nous est donnée, comme la Samaritaine (Jn 4) ou la femme adultère (Jn 8, 1-11). Jésus dit à cette femme : « « Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus. »

Le problème ce n’est pas sur le moment, c’est après, car nous pouvons laisser nos adhérences revenir en nous et se réinstaller voire se renforcer. C’est là que se manifeste notre pleine liberté de choix : « Je mets devant toi la vie ou la mort, la bénédiction ou la malédiction. Choisis donc la vie, pour que vous viviez, toi et ta descendance, en aimant le Seigneur ton Dieu, en écoutant sa voix, en vous attachant à lui ; c’est là que se trouve ta vie, une longue vie sur la terre que le Seigneur a juré de donner à tes pères, Abraham, Isaac et Jacob. » (Dt 30, 19-20)

Nous devrions essayer de voir notre péché à la manière dont Dieu le voit. Lui connaît précisément les défauts qui nous ont menés à pécher mais qui peuvent, à force d’abnégation et de transformation, devenir les qualités qui feront de nous des saints tel que nous le dit le Pape François dans son exhortation « Gaudate et exultate ».

 L'épisode biblique qui nous interpelle aujourd’hui et nous replace dans notre réalité. : 

  • Les tentations du Christ - Matthieu 4, 1-11

3 tentations sont décrites :

•            La tentation au désert : à Jésus face à lui-même vv. 3-4

•            La tentation dans la Ville sainte : Jésus face à tout le Peuple de l’Alliance vv. 5-7

•            La tentation sur une très haute montagne : Jésus face au monde vv. 8-10

Chacune des 3 tentations est présentée sous le même modèle :

•            Proposition du diable avec en 1 et 2 la même formule « si tu es le Fils de Dieu »

•            Réponse de Jésus à l’aide d’un passage du Deutéronome

•            Chacune des citations de l’A.T. est introduite de la même façon : « il est écrit ».

                 La toute-puissance de Dieu ne se manifeste pas dans la modification de l’ordre naturel des choses – mais dans le projet divin que Dieu a pour chaque homme au travers de sa Parole.

On ne peut

attendre des Miracles
de DIEU