Méditations d'Evangile

proposé par Nguyễn Thế Cường, paroissien de Sainte Claire de  l' Hautil

« Le Royaume des cieux est comparable à dix jeunes filles invitées à des noces,

qui prirent leur lampe et s'en allèrent à la rencontre de l'époux. »

Dans l’ancienne tradition hébraïque, les fiançailles durent un bout de temps. Et quand le jour de noces arrive, l’époux vient chercher son épouse la nuit, à l’improviste. Pendant ce temps, elle l’attend avec ses amies, les demoiselles d'honneur, leurs lampes allumées. La venue de l’époux est annoncée par le son de la trompette et un cri ‘Voici l'époux !’ La parabole de l'Évangile nous raconte  : « Cinq d'entre elles étaient insensées et cinq étaient prévoyantes : les insensées avaient pris leurs lampes sans emporter d'huile, tandis que les prévoyantes avaient pris, avec leurs lampes, de l'huile en réserve. Comme l'époux tardait, elles s'assoupirent toutes et s'endormirent. » Un si grand jour se prépare !... Ce serait tout de même mieux de se tenir prêt quand le moment décisif arrive ! Or, apparemment ce n’était pas ce cas de cinq des dix jeunes filles invitées. Les ‘prévoyantes’ ont pris soin de garder toujours leur lampe allumée, avec une réserve d’huile suffisante, alors que ‘les insensées’ se sont endormies dans l’insouciance ! Une flamme, c’est si fragile. Elle peut s’éteindre au moindre petit vent ou tout simplement par manque d’huile… Dix demoiselles ont eu l’honneur d’être choisies pour participer à une belle fête, mais sont-elles pour autant prêtes à remplir leur rôle ? À travers cette parabole, Jésus nous appelle à la vigilance !

Comme chacun le sait, la vie n’est pas un long fleuve tranquille. Qu’on le veuille ou non, des événements inattendus se présentent régulièrement à nous. Cela se passe aussi dans notre chemin de foi. Être chrétien et avoir été choisi pour rejoindre le Christ, c'est un privilège. Être vigilant pour aborder les grandes interrogations de la foi qui risquent de se poser un jour dans notre vie, c’est encore mieux ! Ne nous contentons pas d'une vie chrétienne médiocre. Notre foi doit toujours être animée d’une flamme chaude et continue car la torpeur risque de nous faire rater le rendez-vous décisif avec le Seigneur. Il ne suffit pas d'être ‘tout feu tout flamme’, il faut encore que cet enthousiasme perdure. Jésus nous appelle à ne pas nous assoupir, à rester vigilants et lucides. Envisageons l’avenir sereinement. À quoi ressemble notre ‘provision d'huile’ en ce moment ?

Cette parabole rejoint celle de la ‘maison bâtie sur le roc ou sur le sable’ (Mt 7:24-27). Le sage construit sa maison sur un terrain stable. Il tient compte de la mise à l’épreuve inévitable que le bâtiment aurait à subir. L’insensé construit sa maison sur le sable. Il sera pris au dépourvu au jour de grande difficulté. La sagesse n'est pas une affaire de calcul, mais de réflexion et de clairvoyance. La fable ‘La cigale et la fourmi’ de Jean de la Fontaine nous revient à l’esprit. Entre ces deux personnages symboliques, qui sommes-nous dans notre vie de foi ? La fourmi sobre et prévoyante ou la cigale désinvolte profitant de l'instant présent ? La spontanéité, c’est bien, mais l’insouciance risque de nous jouer des tours ! Être prévoyant permet d'éviter les surprises désagréables et de détecter les problèmes avant qu’ils arrivent.

La parabole de l'Évangile raconte que les jeunes filles prévoyantes refusent de partager leur huile avec ‘les insensées’. Cela paraît égoïste à nos yeux. Mais il ne faut pas oublier que le salut est individuel, nous devons assumer seuls la responsabilité de nos choix dans la vie. Chacun doit répondre lui-même de ses actes au moment de la rencontre décisive avec le Seigneur. Comme la fourmi prévoyante qui se prépare à l’avenir, Jésus nous rappelle que l’éternité commence dès maintenant. Rien ne nous empêche de profiter du bonheur présent, mais gardons toujours un œil sur le moment déterminant de notre rencontre avec le Seigneur.

Prenons bien soin de notre vie intérieure comme un jardinier de son jardin. Si nous sommes dans une période favorable et que la lumière de Dieu nous habite, profitons-en pour garder notre lampe allumée. Ne nous endormons pas dans la facilité et l’insouciance. Cette flamme intérieure doit être entretenue tout au long de notre vie.

Nguyễn Thế Cường Jacques

le 27ème dimanche du temps ordinaire A

Méditation par Jacques un paroissien de l'Hautil

En cette période de l’année, la saison des vendanges tire à sa fin. Mais, dans la ‘Vigne du Seigneur’, le travail est loin d’être terminé ! Alors que habituellement la fin des vendanges est un moment joyeux et festif de convivialité, il semble que dans certains parcelles de la ‘Vigne du Seigneur’, ça se passe mal, très mal…

L'Évangile d’aujourd’hui nous raconte : « Un homme était propriétaire d'un domaine ; il planta une vigne, l'entoura d'une clôture, y creusa un pressoir et y bâtit une tour de garde. Puis il la donna en fermage à des vignerons, et partit en voyage. » Mais, contre toute attente, les gérants à qui le propriétaire a confié le soin de son vignoble refusent de rendre la récolte au moment venu ! En plus de cela, ils maltraitent les ouvriers qui viennent chercher le résultat de l’exploitation, et, le comble, tuent le fils du maître du domaine : « Quand les vignerons virent le fils, ils se dirent entre eux : C’est lui l’héritier, venez, tuons-le, et nous aurons son héritage ! » Ces exploitants cupides et brutaux oublient qu’ils ne sont que des administrateurs d’un bien qui ne leur appartient pas et s’en emparent pour leur propre profit. Aujourd’hui encore, l’abus de biens sociaux ronge toujours nos collectivités. Une situation inacceptable que chacun de nous condamne. Dans une moindre mesure, nous nous rendons compte que beaucoup s’attribuent sans vergogne les mérites d’un travail commun ou s’enorgueillissent d’une action qu’ils doivent accomplir.

De la même manière, Dieu nous a remis des dons à affiner, des facultés à exploiter. Il nous a confié ‘sa Vigne’ à gérer selon nos capacités, non pas pour notre seul bénéfice mais aussi pour le bonheur de notre entourage. Sommes-nous prêts à lui remettre en toute humilité les fruits de notre travail ? Nous ne sommes que des gérants des richesses que Dieu a mises entre nos mains. Et comme ce maître du domaine, Il ‘s’est retiré’ en quelque sorte pour laisser libre cours à notre esprit d’entrepreneur. Il fait appel à notre sens de responsabilité et à notre engagement pour exploiter sa ‘Vigne’ car nous devrons Lui rendre compte de l’usage de nos dons. Dieu nous invite à mettre à contributions nos talents, nos initiatives et Il attend aussi de nous du résultat ! Cette ‘Vigne’, c’est tout ce que est à notre disposition : Un bien spirituel, intellectuel ou matériel... ou tout simplement de la joie de vivre à communiquer et à partager autour de nous. Dieu nous associe à son œuvre pour transformer notre milieu de vie en une parcelle du ‘Royaume des Cieux’. Il veut que nous soyons ses gestionnaires.

Cependant, nous avons tendance à nous approprier tous les bienfaits que Dieu nous a confiés, à faire comme si nous en sommes les seuls maîtres. Nous croyons qu’avec notre capacité à gérer seuls notre vie, nous pouvons nous dispenser de Dieu ! Saint Paul nous rappelle : « Qu’as-tu que tu n’aies reçu ? Et si tu l’as reçu, pourquoi te glorifies-tu, comme si tu ne l’avais pas reçu ? » (1 Cor 4:7) Tout ce que nous possédons nous a été offert par Dieu. Tout est don ! Ne nous conduisons pas comme ces gérants indignes se croyant seuls propriétaires de ce qui nous est mis entre les mains. Cette ‘Vigne’ ne doit pas être gérée qu’à notre guise, sans d’autres références que celle de notre désir et de notre intérêt immédiat. C’est un bien commun qui nous est confié et nous devons le mettre au service de tous. Soyons de modestes et bons intendants de nos talents, de notre temps, de notre confort matériel… Remercions Dieu de tout ce que nous avons reçu et mettons-nous au travail pour le faire fructifier. Offrons le meilleur de nous-mêmes. Ne soyons pas égoïstes pour garder pour nous tous les bénéfices. Partageons-les généreusement avec ceux qui en ont besoin.

La ‘Vigne du Seigneur’, c’est notre milieu de vie : notre famille, notre communauté d'action, la société où nous vivons… Prenons-en soin. Épanouissons-nous. Rendons la vie plus belle et offrons du bonheur à tous ceux qui nous entourent... Mettons tout en œuvre pour assurer le meilleur résultat de nos talents afin que les fruits récoltés soient profitables à tous.

« Seigneur Jésus,

apprends-nous à être généreux,

à te servir comme tu le mérites,

à donner sans compter,

à combattre sans souci des blessures,

à travailler sans chercher le repos,

à nous dépenser sans attendre d'autre récompense

que celle de savoir que nous faisons ta Sainte Volonté. »

Prière de Saint Ignace de Loyola

« Quel est votre avis ? Un homme avait deux fils... »

Voilà une parabole qui touche en plein cœur de notre vie quotidienne. Un épisode courant dans la réalité familiale, entre parents et enfants. À la demande d’un service, il y en a qui commencent par dire ‘non’, mais par la suite, rongés par le remord, accomplissent le travail requis. D’autres se contentent tout simplement de belles paroles !…

En société, l’un des reproches les plus sévères que l’on puisse faire à quelqu’un c’est de dire qu’il est riche en paroles mais pauvre en actions ! En somme, un ‘beau parleur’ en qui on ne peut avoir confiance ! Sa parole donnée cesse d’être fiable... ‘Le bavardage est l'écume de l'eau, l'action est une goutte d'or.’ (Proverbe tibétain) La valeur d'une personne ne se mesure pas à la valeur de ses mots mais plutôt à celle de ses actes. Et cette attitude n’est pas rare dans notre vie de foi. Il y en a ceux qui proclament haut et fort la Parole de Dieu sans la réaliser et d’autres la pratiquent au jour le jour sans jamais claironner !

De quel côté suis-je ? Celui qui s’empresse de dire ‘oui’ à l’appel de Dieu ou à une sollicitation de service, mais, au moindre empêchement, n’a pas le courage de concrétiser sa promesse ? Ou celui qui, dans un premier temps, hésite ou dit franchement ‘non’ mais, après réflexion, rectifie sa conduite pour emboîter au plus près le pas du Christ ? Celui qui agit ou celui qui se campe dans la velléité ? Sans doute les deux ! Cela dépend des jours…

le 26 ème dimanche du temps ordinaire A

« Quel est votre avis ? Un homme avait deux fils... »

Nous avons tous nos moments de générosité et de faiblesse. Des instants de lumière où nous sommes prêts à faire de grandes promesses, mais avec le temps qui use, nous reprenons vite nos vieilles habitudes. Sans la pratique religieuse, un chrétien ne l’est que de nom. La foi sans action concrète est une foi morte. Saint Jacques insiste : « Mes frères, si quelqu’un prétend avoir la foi, sans la mettre en œuvre, à quoi cela sert-il ? Sa foi peut-elle le sauver ? [...] Ainsi donc, la foi, si elle n’est pas mise en œuvre, est bel et bien morte. » (Jac 2:14,17) C’est dans la pratique de l'altruisme et de la charité que la foi révèle son meilleur visage.

Jésus a sévèrement reproché aux pharisiens leurs belles paroles sans les actes : « Ils disent mais ne font pas. » (Mt 23:3) Il nous met en garde : « Ce ne sont pas ceux qui disent ‘Seigneur, Seigneur’ qui entreront dans le Royaume des cieux, mais ceux qui font la volonté de mon Père » (Mt 7:21) Parler, même bien parler, ne suffit pas. Pour Jésus, l’essentiel, c’est de mettre en pratique sa foi, ses convictions… Le monde a davantage besoin de partenaires zélés qui savent prendre l’initiative que des gens à la parole facile. Ainsi, on juge quelqu’un sur ce qu’il fait et non pas sur ses bonnes intentions. ‘Un acte vaut mieux que mille discours.’ La seule bonne volonté ne suffit pas, il faut passer à l'action. Le zèle qui ne dépasse pas l’étape de démarrage ne peut pas faire bouger les choses. Bienheureux Frédéric Ozanam remarque : ‘Il y a beaucoup de bonnes intentions, beaucoup d'inspirations généreuses, peu de résolutions, encore moins de persévérance.’ Oser le changement, c’est bien mais surtout il faut décider d’entrer en action ! Le moment parfait pour entreprendre n’existent pas… Les conditions idéales pour agir n’arrivent que très rarement ! Alors, ne passons pas tout notre temps à planifier. Osons sortir de notre zone de confort, de nos habitudes, de notre façon de penser pour nous ouvrir davantage au monde. Osons partager les belles initiatives et nous mettre à l’action ! Le plus difficile à faire c’est le tout premier pas ! Il y a ceux qui parlent et ceux qui agissent… Dans quelle catégorie sommes-nous ?

« Mon enfant, va travailler aujourd'hui à ma vigne. » Cette invitation nous laisse les mains libres mais en même temps nous rend responsables. Notre réponse est souvent hésitante, comme celle de ces deux fils. Mais ce qui compte, ce n'est pas d'avoir dit ‘non’ un jour, mais c'est notre capacité à nous changer pour repartir du bon pied. Ne restons pas emprisonnés par nos propres refus. Soyons actifs, bâtissons notre foi sur des actions tangibles et dynamiques. Saint Paul nous exhorte : « Ce ne sont pas ceux qui écoutent la parole de Dieu qui sont justifiés, mais ceux qui mettent cette parole en pratique » (Rm 2:13)

le 25ème dimanche du temps ordinaire A

L« Allez, vous aussi, à ma vigne. » 

« Le Royaume des cieux est comparable au maître d'un domaine qui sortit au petit jour afin d'embaucher des ouvriers pour sa vigne. » Il va les chercher ‘au petit jour’, ‘vers neuf heures’, ‘vers midi, puis vers trois heures, et enfin vers cinq heures’ pour travailler dans sa vigne. Le soir venu, il offre le même salaire à tous, aux premiers comme aux derniers. Les travailleurs à temps partiel gagnent autant que ceux qui sont occupés à plein temps !

À l’écoute de cette parabole, notre première réaction est d’abord comme les premiers embauchés : le patron est injuste. Ce n'est visiblement pas un enseignement en matière sociale. Mais le message est tout autre, le souci du ‘maître’, c’est de ne laisser personne en dehors de sa vigne, sans travail. À l’image de ce ‘maître’, Dieu se met à la recherche de l'homme. Il accueille toute personne désireuse d’entrer dans ‘le Royaume des cieux’, même très tard, au soir de sa vie. Une manifestation de son don gratuit. Son amour va au-delà de la justice humaine. Sa logique est différente de celle des hommes. C’est ce que nous révèle le texte du livre d’Isaïe : « Autant le ciel est élevé au-dessus de la terre, autant mes chemins sont élevés au-dessus de vos chemins, et mes pensées, au-dessus de vos pensées. » (Is 55:9)

Dieu aime tous ses enfants de la même manière. Le meilleur des croyants comme le plus simple des pratiquants. Les bons comme les pécheurs. Peu importe que nous soyons des ouvriers de l'aube ou de la dernière heure. Que nous ayons plus ou moins de mérite que notre voisin. D’ailleurs, ce n’est pas à nous de nous jauger par rapport aux autres. Et même si nous sommes des appelés de la première heure, il nous arrive de traîner les pieds sur le chemin, de ne pas faire grand-chose jusqu’à présent. Oh oui !… Et, au soir de notre vie, nous comptons bien sur la miséricorde de Dieu pour nous accueillir dans sa demeure.

Beaucoup de nantis égoïstes sont jaloux des faveurs offertes aux nécessiteux. Ne soyons pas de ceux-là ! Les ouvriers de la dernière heure de la parabole sont des vulnérables, des oubliés de la vie que ‘le maître de domaine’ cherche à aider et à protéger. Dieu cherche à redonner vigueur à ceux qui sont faibles et accompagne avec bonté tous ceux qui sont abandonnés au bord du chemin. Il s’intéresse à chacun de nous dans les circonstances qui nous sont particulières. Si nous avons le bonheur d’être appelés ‘au petit jour’, poursuivons avec gratitude notre chemin avec tout ce que Dieu nous a accordé. Réjouissons-nous de voir d’autres nous rejoindre après un certain temps de libertinage. Comme la femme qui a retrouvé la pièce d’argent perdu, « quand elle l’a retrouvée, elle rassemble ses amies et ses voisines pour leur dire : ‘Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé la pièce d’argent que j’avais perdue !’ Ainsi je vous le dis : Il y a de la joie devant les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se convertit. » (Lc 15:9-10) Partageons avec joie le retour au bercail de ceux qui sont dans l’errance depuis un bout de temps.

Restons fidèles à l’appel de Dieu en compagnie de ceux qui sont devant ou derrière nous. « Alors vous serez fils de votre Père qui est dans les cieux, car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et il fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes. » (Mt 5:45) La sollicitude de Dieu à notre égard dépasse largement notre réponse à son appel. Avec bonheur, car franchement, nous pouvons nous poser quelques petites questions : ‘Suis-je l’ouvrier de l'aube ou celui de la dernière heure ? Ai-je plus de mérite que mon voisin ?...’ Dieu accueille de la même façon celui qui vient à Lui au dernier moment comme celui qui a emprunté durant toute sa vie le chemin de perfection. Le pape Benoît XVI nous rappelle : ‘Le fait d'être appelés est déjà la première récompense : pouvoir travailler dans la vigne du Seigneur, se mettre à son service, collaborer à son œuvre, constitue en soi une récompense inestimable, qui compense toutes les peines. Mais seul celui qui aime le Seigneur et son Royaume le comprend ; celui qui travaille en revanche uniquement pour son salaire, ne comprendra jamais la valeur de ce trésor inestimable.’

« Pourquoi êtes-vous restés là, toute la journée, sans rien faire ? » Cette invitation nous est adressée inlassablement tout au long de notre vie : « Allez, vous aussi, à ma vigne. » Il n’est jamais trop tard de nous rapprocher de Dieu et de nous mettre à son service.

« Seigneur, quand mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ? Jusqu'à sept fois ? » Pierre croit entrer largement dans l'esprit de Jésus en proposant cette mesure généreuse. Mais la réponse de Jésus est sans détours : « Je ne te dis pas jusqu'à sept fois, mais jusqu'à soixante-dix fois sept fois. » C’est-à-dire sans limites !

Le pardon ! Une démarche pas toujours évidente. Tout le monde dira que cela dépend de contexte. Il y a des choses qu'on peut pardonner en un clin d’œil, mais dans de nombreuses situations, il demande un peu de temps !... En effet, franchement, estimez-vous possible de pardonner aux auteurs des crimes abominables ? Pourra-t-on fermer les yeux sur des injustices les plus fragrantes ? Est-ce possible d’oublier sans peine une blessure profonde causée par un proche ? Nous ne sommes pas insensibles !... Quand nous subissons un préjudice, la riposte cinglante est souvent notre première réaction. L’envie de faire payer l'offense nous habite jusqu’à ce que la haine soit assouvie, car rancœur et colère nous sont hélas bien familières. On s'enfonce alors dans un engrenage des fois sans issue. À l’encontre de cette manière d’être, Jésus prône une voie radicale qui nous libère : le pardon !

le 24ème dimanche du temps ordinaire A

Le pardon ! Une démarche pas toujours évidente.

Pardonner, c’est avoir de l’indulgence envers le fautif. Une attitude noble traduisant la capacité du cœur à renoncer à tirer vengeance d'une offense et à privilégier l’amour sur la revanche. C’est une victoire sur la haine qui nous empoisonne la vie. Le pardon généreux demande courage et volonté mais délivre l’esprit des rancœurs qui le gangrènent. Donné avec bonté, il élargit l’horizon et crée un puissant appel d'air pour laisser entrer la douce lueur de bienveillance. Cela montre la richesse du cœur à surmonter le passé pour rétablir la relation et à ouvrir la porte de l’âme à l’amabilité et à la chaleur humaine ! Le pardon défait les cercles vicieux des représailles sans fin et nous ouvre à l’amour. Il soulage le cœur blessé et baigne l’âme dans l’harmonie avec les proches. Il métamorphose nos relations et transforme notre vie. C’est le premier pas sur le chemin de sérénité et de lumière. Une nécessité pour vivre heureux car la paix dans l’âme n’est possible qu’à ce prix.

Pardonner ne supprime pas toutes les conséquences d’une faute et ne signifie pas renier les blessures du passé. Ce n’est pas excuser la faute mais tendre la main à l’offenseur pour l’aider à se relever et créer ainsi un espace nouveau pour que les uns et les autres puissent repartir ensemble sur des bases nouvelles. Le pardon brise la spirale du mal mais sa pratique n'est pas toujours facile. Car parfois, l'offense est tellement profonde qu’il faut remettre tous les jours cette démarche à neuf. C'est tout le sens de la parabole de l’Évangile d’aujourd’hui. La réprimande du ‘Roi’ envers le serviteur impitoyable est implacable : « Serviteur mauvais ! Je t'avais remis toute cette dette parce que tu m'avais supplié. Ne devais-tu pas, à ton tour, avoir pitié de ton compagnon, comme moi-même j'avais eu pitié de toi ? »

L’homme ne peut être en harmonie avec Dieu que s’il est en paix avec son prochain. Si nous ne pardonnons pas, notre relation avec Dieu sera entachée ! L’hommage que nous rendons à Dieu ne sera authentique que si notre cœur n’est pas terni par la haine. « Lorsque tu vas présenter ton offrande à l’autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande, là, devant l’autel, va d’abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande. » (Mt 5:23-24)

La réconciliation est sans doute un des principes fondamentaux de la vie chrétienne. Bâtir la paix entre nous et, par voie de conséquence, en nous. Jésus nous incite à jeter d’abord un regard sur nous-mêmes. Qui d’entre nous peut se dire sans tache devant Dieu ?  : « Tu regardes la paille dans l’œil de ton frère ; et la poutre qui est dans ton œil, tu ne la remarques pas ? » (Mt 7:3) Personne n’est parfait !... Nous avons tous commis des erreurs durant notre vie et Dieu ne nous en a pas tenu rigueur. Ne soyons pas si habile à déceler les défauts des autres. N’oublions pas qu’on agira de la même manière à notre égard. On nous rendra la monnaie de notre pièce. « Ne jugez pas, pour ne pas être jugés ; de la manière dont vous jugez, vous serez jugés ; de la mesure dont vous mesurez, on vous mesurera. » (Mt 7:1-2)

Nguyễn Thế Cường Jacques

le 23ème dimanche du temps ordinaire A

Renoncer à soi-même et prendre sa croix !’ 

L’Évangile de ce dimanche nous appelle à la solidarité et au dialogue, à rester unis pour former une famille harmonieuse autour du Christ. « Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d'eux. » nous assure Jésus.

Nous considérons souvent notre vie de foi comme une affaire personnelle entre Dieu et nous. Certes, cette relation est toujours unique, mais jamais en tant qu’individu isolé. La foi ne nous appelle pas à construire notre petite béatitude dans un coin mais nous invite à vivre en bonne relation avec les autres. ‘Là où est l’amour, là est Dieu !’ (Léon Tolstoï) Saint Paul nous rappelle : « Vous êtes le corps du Christ et, chacun pour votre part, vous êtes membres de ce corps. » (Cor 12:27) En tant que membres d’une même famille, chacun de nous a sa place dans le cœur de Dieu. Nous puisons une grande force dans cette union dans le Christ. Nous nous appuyons les uns sur les autres tout le long de notre parcours vers Dieu. Mais ce lien qui nous unit comporte aussi des responsabilités. Cela implique le devoir d’entraide, de nous épauler les uns les autres à s’élever, mais aussi à ramener au bon chemin ceux qui sont dans l’erreur.

La fraternité, ce lien cordial, pour naturel qu'il paraisse à un chrétien, n'est pourtant pas toujours évident. Dès l’origine, que d'incompréhensions, de disputes voire de ruptures ont bouleversé notre Église !... Au sein de chaque entité sociale, il y aura toujours des moments de tensions. À qui est la faute ? D’où vient cette source de mésentente ? À partir de son propre vécu, chacun a une interprétation très personnelle d’une situation donnée. Il arrive souvent que, dans un différend, on privilégie sa propre version des faits, en total désaccord avec son interlocuteur. Dans une telle situation conflictuelle, Jésus prône l’échange de vues : «  Va lui parler seul à seul. » Il nous invite à une prise de conscience réciproque dans un climat d’entente cordiale et à ne pas se comporter en juge.

Le dialogue est toujours un élément essentiel pour ne pas laisser les tensions perdurer ! Échanger des points de vue permet d'éviter les malentendus et de désamorcer des tensions latentes. Mettre des mots sur ses ressentis et sur ses émotions aide à poser les choses et à esquisser ensemble une solution. Adopter une attitude constructive reste la meilleure façon de prévenir une discorde. Chacun essaie de trouver les mots adéquats, de saisir le moment propice afin de désamorcer le conflit. Dans sa lettre aux Romains, saint Paul insiste : « Ne gardez aucune dette envers personne, sauf la dette de l'amour mutuel, car celui qui aime les autres a parfaitement accompli la Loi. » L’union dans la bonne-entente et la tolérance ! Cela change tout par rapport au regard que nous allons porter les uns sur les autres.

Mais de quoi s’agit-il lorsque Jésus dit : « Si ton frère a commis un péché… » ? Il ne nous incite pas à un jugement qui rejette, mais plutôt à une attitude d’accueil pour montrer la voie à quelqu’un dans l’erreur. D’autant plus que, avant de céder à la tentation de fustiger nos semblables, ne devrions-nous pas nous rappeler de son conseil : « Ne jugez pas et vous ne serez pas jugés » (Mt 7:1) ou « Qu'as-tu à regarder la paille dans l'œil de ton frère, alors que la poutre qui est dans ton œil, tu ne la remarques pas ? » (Mt 7:3) Car souvent on a tendance à rejeter la faute sur l’autre. Solidarité et correction fraternelle exigent donc courage et délicatesse d'un côté, humilité et compréhension de l'autre. Ce terrain d’entente se conçoit dans un climat d’apaisement, au prix d’un dialogue hautement gagné. L’amour fraternel est le signe distinctif des disciples du Christ : « À ceci tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples, si vous vous aimez les uns les autres. » (Jn 13:35) L’appel est bel et bien lancé ! Les bonnes intentions ne suffisent pas, seuls les actions concrètes rendent l'amour crédible.

L’union dans la bonne-entente se pratique d’abord en famille, le noyau central de la société. La famille doit être un endroit où l’on se sent en confiance, là où l’on se parle et s’entraide. Elle se construit par des échanges positifs valorisant chacun de ses membres. Cet apprentissage est lent et implique un effort constant. Il fait appel à la responsabilité de chacun mais constituera une aide précieuse pour les uns et les autres sur le chemin vers Dieu.

le 22ème dimanche du temps ordinaire A

Renoncer à soi-même et prendre sa croix !’ 

« Si quelqu'un veut marcher derrière moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il prenne sa croix et qu'il me suive. »

Encore une fois, les propos de Jésus nous surprennent par son aspect d’exigence. Son message d’aujourd’hui aura du mal à passer auprès d’un large public qui recherche le bien-être dans la vie. On a plutôt tendance à fuir tout ce qui nous dérange et à se protéger contre toute forme de souffrance. Or, dans ce passage de l'Évangile, Jésus nous parle de la croix à porter comme condition pour être son disciple ! Et nous comprenons fort bien que la réaction de Pierre était vive. Depuis presque trois ans, il avait souvent assisté à l’enthousiasme du peuple, à l’enchantement de la foule sur son enseignement et à la puissance de ses miracles. Lui-même avait éprouvé une joie intense à ses côtés. À présent, il refuse le destin tragique d'un Messie promis à la croix. « Dieu t'en garde, Seigneur ! Cela ne t'arrivera pas. »

Renoncer à soi-même et prendre sa croix !’ À nous aussi, cette Parole de Jésus semble nous ouvrir la perspective d’une vie de mortification. Un chemin de foi affligeant ! Le bonheur dans la Paix et l’Amour annoncé avec force par Jésus nous semble bien lointain. Devons-nous interpréter sa requête aujourd’hui comme un appel à la souffrance ? Or, la souffrance seule, hors de tout contexte, est absurde et révoltante. ‘Prendre sa croix’, qu’est-ce que cela veut dire au juste ? Sommes-nous obligés de passer par un tel chemin pour Le suivre ? Non seulement, nous devrions porter notre croix mais en plus de cela nous sommes priés de renoncer à nous-mêmes !... Mais, ne nous trompons pas sur le vrai sens du message de Jésus. ‘Prendre sa croix’, c’est tout simplement une invitation à Le suivre avec courage malgré les adversités et les affres de la vie. C’est un appel à entretenir toujours en nous le goût du Bonheur et à laisser Dieu occuper une place de choix dans notre vie. Jésus ne nous demande pas de nous infliger le mal-être ou d’éviter les petites joies de l’existence mais Il nous invite à faire des efforts nécessaires pour toujours garder notre cap vers le vrai Bonheur !

Par moment, les sacrifices nous seront nécessaires pour rester fidèle à notre idéal. Un choix difficile entre devoir et frivolité. L’altruisme implique souvent un certain renoncement. Être chrétien, ce n'est pas prendre la voie de la facilité. Pour cela, il faut y mettre le prix. C’était en effet le destin du prophète Jérémie ! Rien ne le prédestinait à être le porte-parole de Dieu. Prévoyant les difficultés à affronter, il a essayé de refuser la mission que Dieu lui a confiée. Mais envers et contre tout, il lui a fallu transmettre les messages de Dieu à son peuple. Dieu est entré violemment dans sa vie. « Seigneur, tu as voulu me séduire, et je me suis laissé séduire ; tu m'as fait subir ta puissance, et tu l'as emporté. » Comme Jérémie, suivre le Christ bousculera notre façon de vivre.

‘Prendre sa croix et renoncer à soi-même’, c’est donc oser aller au delà de nous-mêmes afin de percevoir l’étendue de l’horizon qui s’ouvre à nous et qui nous dépasse. C’est voir la vie autrement, la regarder et l’apprécier avec les yeux de Dieu. Ainsi, ‘renoncer à soi-même’ ne signifie pas se renier, mais se laisser séduire par l’idéal que le Christ a réveillé en nous. C’est se donner de la peine pour apporter le Bonheur au monde. Cet état d’esprit demande une profonde transformation de nous-mêmes. C’est ce que saint Paul nous exhorte dans sa lettre aux Romains : « Ne prenez pas pour modèle le monde présent, mais transformez-vous en renouvelant votre façon de penser pour discerner quelle est la volonté de Dieu : ce qui est bon, ce qui est capable de lui plaire, ce qui est parfait. » (Rm 12:2)

« Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. » (Mt 11:28) Cette parole du Christ reste toujours d’actualité. En ouvrant son cœur, Jésus nous touche au plus profond de nous-mêmes. Restons à ses côtés quoi qu’il arrive !

le 21ème dimanche du temps ordinaire A

« Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » demanda Jésus à ses disciples ! Un petit sondage d’opinion !... Une question redoutable qui entend établir une relation personnelle avec l’interlocuteur et l’invite à un dialogue franc et ouvert. Aujourd’hui, au fin fond de moi-même, je me pose la même question : ‘Pour moi, qui est Jésus ?’ Oh oui !... Qui est-Il pour moi, au juste ? Quel rôle joue-t-Il dans ma vie ?

Au cœur de notre propre chemin de foi, telle est la question essentielle à laquelle le croyant est sans cesse invité à répondre. Une question évidente et facile à répondre, me diriez-vous ! On ne se la pose même pas jusqu’au jour où, pour des raisons particulières, on s’interroge sur le sens ultime de l’existence, sur la souffrance, sur la religion... Quand nous éprouvons un grand malaise dans notre vie de foi, alors là, une immense interrogation remonte en surface : ‘Quelle place Jésus tient-il réellement dans ma vie ?’ Une question qui nous pousse dans nos derniers retranchements. Car la foi ne se réduit pas à une vague opinion, aussi proche de la vérité puisse-t-elle être, ni même à une conviction qui nous anime le cœur. La foi chrétienne est d’abord l’adhésion à une Personne, Jésus. Une rencontre personnelle et vivante avec Lui. À l'heure où les informations prolifèrent, on peut se demander s’il y en a beaucoup, parmi les chrétiens, qui manifestent un désir de mieux connaître Jésus ! Et moi-même, si quelqu’un m’interroge en ce moment au sujet de la religion, saurais-je lui parler avec conviction de Jésus dans un langage simple sans l’enfermer dans des phrases obscures et nébuleuses ? Parler de Lui comme si je présente à quelqu’un Celui que j’aime et que j’ai de l’admiration. Mettre en lumière ses enseignements pour les appliquer dans la réalité concrète de la vie. Présenter Jésus à ceux qui sont convaincus que, grâce aux progrès de la science, Dieu n’est plus forcément la réponse ultime aux questions de l’homme. Car leurs priorités sont ailleurs, elles résident dans l’argent et le bien-être !...

Cette page d'Évangile nous invite à nous réapproprier notre propre chemin de foi. Dans un long voyage vers l’inconnu, il vaut mieux avoir un renseignement solide sur le guide pour mettre toute notre confiance en lui ! Mieux connaître Jésus est un gage de notre salut ! La foi est un don à accueillir et elle doit être constamment éclairée. La foi en Jésus nous invite à mieux Le connaître non seulement pour pouvoir la transmettre et en témoigner, mais déjà pour en vivre ! Il ne s’agit pas ici d’un simple bagage intellectuel mais bien de la perception profonde sur Jésus. La foi ne se résume donc pas à une collection de dogmes ou à un enchaînement de pratiques religieuses. Sa maturation est un long chemin à parcourir. Jésus est le Chemin qui nous mène vers la Vérité : « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi. » (Jn 14:6) nous dit-Il !

Notre voie spirituelle ne sera dynamique que si elle est bien éclairée pour nous éviter de tomber dans le piège d’une piété routinière. La culture religieuse passe nécessairement par la connaissance de la Parole de Dieu. C’est notre feuille de route. De nombreuses sources d’inspiration peuvent nous aider à nous imprégner du sens profond de l’enseignement du Christ. Mais cela demande de notre part un long travail de recherche et de réflexion. Son aboutissement exigera nécessairement beaucoup d’effort mais cela nous ouvrira un horizon lumineux de connaissance de Jésus. Dans cet effort, l’action du Saint-Esprit nous guidera vers la Vérité. Jésus nous l’a promis : « J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, que vous n’êtes pas en état maintenant de porter; quand il sera venu, Lui, l’Esprit de la vérité, il vous guidera vers la vérité tout entière. » (Jn 15:12-13) Cette quête de Vérité est à faire jour après jour dans l’effort et la persévérance. La Lumière est au bout !

Sur les chemins de la vie, sois ma lumière, Seigneur ! « Moi, je suis la lumière du monde. Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, il aura la lumière de la vie. » (Jn 8:12)

Nguyễn Thế Cường Jacques

le 20ème dimanche du temps ordinaire A

Certains textes des Évangiles nous surprennent par l’âpreté des événements ou par la violence de la Parole du Christ. La scène racontée par saint Matthieu dans l’Évangile d’aujourd’hui a de quoi nous laisser perplexe ! Elle se déroule au nord du lac de Tibériade, aux frontières d'Israël. La femme qui implore Jésus pour guérir sa fille malade n'est pas juive : « Aie pitié de moi, Seigneur, fils de David ! Ma fille est tourmentée par un démon. »

Deux faits nous perturbent dans cet événement. Tout d’abord, Jésus se fait prier pour venir en aide à cette mère accablée par le malheur. Ce n’est absolument pas dans son habitude, Lui qui va souvent au-devant des malades et des infirmes pour les secourir. Ensuite, cette déclaration choquante : « Il n'est pas bien de prendre le pain des enfants pour le donner aux petits chiens » faisant le parallèle entre le peuple d’Israël et les étrangers. Le mépris et l’intolérance ? Une sélection en ce qui concerne les destinataires de la Bonne Nouvelle ? Il y a de quoi nous surprendre ! Cette attitude du Christ nous laisse sans voix ! Cependant, en relisant les Évangiles avec attention, nous apercevons que Jésus est contre toute forme de discrimination. La parabole du bon Samaritain, le récit du repas avec les publicains, la visite chez Zachée, la guérison du lépreux étranger, l’épisode de la femme adultère, la rencontre de Jésus avec la Samaritaine au puits de Jacob… Tout cela atteste sa largeur d’esprit et sa bonté en faveur de tous, sans exception. Cette bienveillance toujours présente dans ses relations avec les gens nous convainc amplement de sa lutte contre toute forme d’exclusion !

Dans cet épisode, ce qui apparaît dur dans la parole de Jésus peut être accueilli comme une épreuve qu’Il impose à cette femme. Il la vexe exprès pour tester sa foi. Il fait mine de refuser de l’aider parce qu’elle n’est pas d’Israël, mais en réalité, la détermination de cette femme Lui donne l’occasion de proclamer aux yeux de tous son émerveillement pour la grande foi de cette étrangère. « Femme, ta foi est grande, que tout se fasse pour toi comme tu le veux ! » En effet, la prière qu’elle adresse à Jésus témoigne d’une étonnante ébauche de croyance en Dieu d’Israël : « Seigneur, fils de David. » L'humilité de cette femme et la blessure de cette épreuve ont montré qu'elle avait une vraie conscience de ce qu'est la foi. L'amour pour sa fille et sa croyance en la puissance de Dieu s'attirent irrésistiblement l'un l'autre. Une ébauche de foi ! La foi est comme l'amour, c’est un don. Un don que certains « brebis perdues d'Israël » refusent ! Une belle leçon pour les juifs et pour ses disciples.

Les textes liturgiques de ce dimanche sont un appel aux croyants à s'ouvrir au monde. Une ouverture d’esprit également sur les innombrables exclusions que nous ne parvenons pas à intégrer. Envers celles et ceux qui n’ont pas la même foi ou le même mode de vie que nous. Des gens que nous pensions très loin de Dieu nous surprennent souvent par la qualité de leur prière, par la valeur de leur action envers autrui. Autour de nous, nous pouvons rencontrer une belle foi là où nous ne l'attendions pas. Ayons un grand respect pour ceux qui n’empruntent pas le même chemin que nous vers l’Éternité. Dans la première lecture, le prophète Isaïe annonce à Israël que Dieu accueillera dans son temple ‘les étrangers qui sont devenus ses serviteurs’ : « Maison de prière pour tous les peuples ». Dans la seconde lecture, l'apôtre Paul annonce aux ‘païens’ convertis que la Bonne Nouvelle est offerte à tous. Il n'y a plus d'étrangers ni de païens mais seulement des enfants que Dieu aime comme un Père.

Et nous-mêmes, qu’en est-il de notre foi aujourd’hui ? Les épreuves affaiblissent-ils notre élan vers Dieu ? Persévérons dans notre foi malgré les difficultés rencontrées sur le chemin. Car, des fois, à la place du résultat nous n’essuyons que des revers malgré notre bonne volonté. La foi façonne notre personnalité. Sa force nous soutiendra dans les moments d’incertitude et de mise à l’épreuve. Dans ce monde qui bouge et qui souvent nous inquiète, elle nous donne l’énergie nécessaire pour aborder l'avenir avec confiance.

le 20ème dimanche du temps ordinaire A

Certains textes des Évangiles nous surprennent par l’âpreté des événements ou par la violence de la Parole du Christ. La scène racontée par saint Matthieu dans l’Évangile d’aujourd’hui a de quoi nous laisser perplexe ! Elle se déroule au nord du lac de Tibériade, aux frontières d'Israël. La femme qui implore Jésus pour guérir sa fille malade n'est pas juive : « Aie pitié de moi, Seigneur, fils de David ! Ma fille est tourmentée par un démon. »

Deux faits nous perturbent dans cet événement. Tout d’abord, Jésus se fait prier pour venir en aide à cette mère accablée par le malheur. Ce n’est absolument pas dans son habitude, Lui qui va souvent au-devant des malades et des infirmes pour les secourir. Ensuite, cette déclaration choquante : « Il n'est pas bien de prendre le pain des enfants pour le donner aux petits chiens » faisant le parallèle entre le peuple d’Israël et les étrangers. Le mépris et l’intolérance ? Une sélection en ce qui concerne les destinataires de la Bonne Nouvelle ? Il y a de quoi nous surprendre ! Cette attitude du Christ nous laisse sans voix ! Cependant, en relisant les Évangiles avec attention, nous apercevons que Jésus est contre toute forme de discrimination. La parabole du bon Samaritain, le récit du repas avec les publicains, la visite chez Zachée, la guérison du lépreux étranger, l’épisode de la femme adultère, la rencontre de Jésus avec la Samaritaine au puits de Jacob… Tout cela atteste sa largeur d’esprit et sa bonté en faveur de tous, sans exception. Cette bienveillance toujours présente dans ses relations avec les gens nous convainc amplement de sa lutte contre toute forme d’exclusion !

Dans cet épisode, ce qui apparaît dur dans la parole de Jésus peut être accueilli comme une épreuve qu’Il impose à cette femme. Il la vexe exprès pour tester sa foi. Il fait mine de refuser de l’aider parce qu’elle n’est pas d’Israël, mais en réalité, la détermination de cette femme Lui donne l’occasion de proclamer aux yeux de tous son émerveillement pour la grande foi de cette étrangère. « Femme, ta foi est grande, que tout se fasse pour toi comme tu le veux ! » En effet, la prière qu’elle adresse à Jésus témoigne d’une étonnante ébauche de croyance en Dieu d’Israël : « Seigneur, fils de David. » L'humilité de cette femme et la blessure de cette épreuve ont montré qu'elle avait une vraie conscience de ce qu'est la foi. L'amour pour sa fille et sa croyance en la puissance de Dieu s'attirent irrésistiblement l'un l'autre. Une ébauche de foi ! La foi est comme l'amour, c’est un don. Un don que certains « brebis perdues d'Israël » refusent ! Une belle leçon pour les juifs et pour ses disciples.

Les textes liturgiques de ce dimanche sont un appel aux croyants à s'ouvrir au monde. Une ouverture d’esprit également sur les innombrables exclusions que nous ne parvenons pas à intégrer. Envers celles et ceux qui n’ont pas la même foi ou le même mode de vie que nous. Des gens que nous pensions très loin de Dieu nous surprennent souvent par la qualité de leur prière, par la valeur de leur action envers autrui. Autour de nous, nous pouvons rencontrer une belle foi là où nous ne l'attendions pas. Ayons un grand respect pour ceux qui n’empruntent pas le même chemin que nous vers l’Éternité. Dans la première lecture, le prophète Isaïe annonce à Israël que Dieu accueillera dans son temple ‘les étrangers qui sont devenus ses serviteurs’ : « Maison de prière pour tous les peuples ». Dans la seconde lecture, l'apôtre Paul annonce aux ‘païens’ convertis que la Bonne Nouvelle est offerte à tous. Il n'y a plus d'étrangers ni de païens mais seulement des enfants que Dieu aime comme un Père.

Et nous-mêmes, qu’en est-il de notre foi aujourd’hui ? Les épreuves affaiblissent-ils notre élan vers Dieu ? Persévérons dans notre foi malgré les difficultés rencontrées sur le chemin. Car, des fois, à la place du résultat nous n’essuyons que des revers malgré notre bonne volonté. La foi façonne notre personnalité. Sa force nous soutiendra dans les moments d’incertitude et de mise à l’épreuve. Dans ce monde qui bouge et qui souvent nous inquiète, elle nous donne l’énergie nécessaire pour aborder l'avenir avec confiance.

le 19 ème dimanche du temps ordinaire A

« La barque était déjà à une bonne distance de la terre, elle était battue par les vagues, car le vent était contraire. »

‘La barque battue par les vagues...’ Une barque naviguant sur les eaux du monde, tantôt par temps calme et sous un soleil radieux, tantôt en pleine tourmente et battue par les événements qui nous dépassent, ‘car le vent était contraire’ ! C'est l’image même de notre vie ! Combien de tempêtes avons-nous dû affronter ? Combien de fois, chacun de nous a vu son horizon s'assombrir ? Des échecs, des souffrances, des imprévus… Et aussi des moments de doute sur notre chemin de foi à la suite du Christ ! Des hauts et des bas au rythme du temps et des événements sur lesquels nous n’avons aucune emprise  ! Nous passons par des eaux profondes dans bien des moments de notre existence. C'est notre lot commun à tous.

Des difficultés et des contrariétés de toutes sortes, on en aura toujours dans la vie. Mais face aux contretemps, chacun a sa façon de réagir selon son caractère et ses habitudes. On peut pratiquer la politique de l’autruche en évitant soigneusement d’assumer les difficultés qui se présentent. On peut jouer ‘à la cigale’ en vivant au jour le jour sans rien prévoir. Mais rares sont ceux qui pensent à remettre tous les soucis entre les mains de Dieu en se confiant à Lui. Dans les épisodes éprouvants de notre vie, Jésus nous invite à aborder nos tribulations avec plus de sérénité. Il nous encourage à affronter le vent et la tempête sans crainte, car à côté de nous, c'est Lui-même qui nous soutiendra. Il ne cesse de nous dire aujourd’hui encore : ‘ Confiance ! N'aie pas peur !’ Dans nos moments de doute et de désespoir, n’hésitons pas à crier secours comme Pierre, quand la frayeur le saisit : « Seigneur, sauve-moi ! » Dieu se révélera à nous de mille manières, à travers des événements ou des personnes qui nous aideront à surmonter l’épreuve. Mais des fois, il nous accorde tout simplement la sérénité dans l’âme pour supporter l’adversité. Invitons-Le dans la barque de notre vie. Sa présence nous redonnera force et courage ! Avec Lui à bord, les vents se calmeront.

Faut-il en conclure alors qu’il n’y a qu’à laisser Dieu agir à notre place ? Est-ce une invitation à la passivité et à rester là sans rien faire ? Certainement pas ! Jésus nous met tout d'abord en garde contre une attitude trop humaine à se décourager et à douter de nous-mêmes. Il nous engage à ‘se jeter à l’eau’ pour affronter nous-mêmes nos difficultés. Car des fois, en regardant de plus près, tant de tracas ne sont pas justifiés. Les soucis démesurés traduisent peut-être une attitude de manque de confiance en soi. Dieu nous a confié des capacités de discernement, une volonté d’agir, et il attend que nous nous en servions. Dans la situation particulière Pierre, c’est l’enthousiasme qui le propulse vers Jésus, mais l’angoisse le rattrape tout d’un coup. Une fois au milieu des vagues, il est saisi par le doute. Jésus l’a gentiment repris : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? » Cette remarque adressée à son disciple n’est certainement pas un reproche, mais Jésus a voulu tout simplement le rappeler que sa foi en Lui n’est pas encore assez solide. Il sait pertinemment que Pierre va Le renier trois fois dans les moments cruciaux !

Cet épisode évangélique nous donne aussi une belle leçon de solidarité. La main tendue de Jésus à Pierre nous rappelle que nous sommes tous solidaires les uns des autres. Tendons-nous fraternellement la main. Apportons notre soutien à ceux qui en ont besoin. N’oublions pas que sur le chemin de la vie, avoir quelqu’un avec qui partager les émotions, les soucis… peut aider chacun de nous à surmonter nos difficultés et à trouver nos propres solutions. Nous avons besoin de nous épauler les uns les autres. L’entraide est une source d'énergie vitale qui nous encourage tous à poursuivre ensemble notre chemin vers le bonheur, vers Dieu ! « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. » (Jn 13:34) nous exhorte Jésus !

le 18 ème dimanche du temps ordinaire A

Jésus voulait se retirer loin de toute agitation, mais les gens le suivaient... Le soir venu, les disciples lui suggèrent de renvoyer la foule pour qu’elle aille chercher à manger. « Donnez-leur vous-mêmes à manger ! » Cette réplique de Jésus a dû les laisser certainement interloqués ! Déconcertés, les disciples l’informent : « Nous n’avons là que cinq pains et deux poissons. » Avec cette ration, comment peuvent-ils nourrir tout ce peuple ?

L’Évangile de saint Jean, plus précis sur l’événement, nous rapporte un détail marquant qui retient notre attention. Ces ‘cinq pains et deux poissons’ c’est le repas d’un jeune garçon. « Il y a là un jeune garçon qui a cinq pains d'orge et deux poissons. » (Jn 6:9) Et c’est grâce à son geste généreux qui remet tout à Jésus que « tous mangèrent à leur faim et, des morceaux qui restaient, on ramassa douze paniers pleins. Ceux qui avaient mangé étaient environ cinq mille, sans compter les femmes et les enfants. » Contraste saisissant entre la modestie de l’offrande et l’énormité du résultat. Une belle leçon pour nous tous. L’altruisme du jeune garçon nous invite à partager de bon cœur le peu que nous avons avec ceux et celles qui sont dans le besoin. Dieu a besoin de notre collaboration pour venir en aide à nos proches.

Manquer du nécessaire, c'est la dure réalité de la vie quotidienne des milliers de gens autour de nous. En cette période de crise, le drame se joue devant nous yeux. Le chômage et la précarité mettent en danger la santé de nombreuses personnes… Les gens ont faim ! Des familles entières se demandent quotidiennement comment trouver à manger. Et face à l’ampleur des désastres, notre compassion se double souvent d’un énorme sentiment d’impuissance. Nous avons l’impression de n’avoir pas grand-chose à offrir. Quoique nous fassions, cela semble tellement minime devant l’étendu des besoins ! Cependant, le Christ nous demande avec insistance : « Donnez-leur vous-mêmes à manger ! ». Peu importe nos moyens, nous avons toujours quelque chose à partager avec les plus démunis. L’exemple de ce jeune garçon montre la force des petits gestes et des humbles élans.

Plusieurs prétendent que ce n'est pas en donnant du poisson aux gens qu'on leur apprend à pêcher... donc à les laisser se débrouiller par eux-mêmes. Nous risquons alors d’adopter les mêmes attitudes de ceux qui suggèrent à Jésus : « L’endroit est désert et il se fait tard. Renvoie donc la foule : qu’ils aillent dans les villages s’acheter à manger ! » La majorité des démunis fait des efforts immenses pour essayer de s’en sortir ! Ils vivent souvent des situations qui ne leur permettent pas de se démêler de leur pétrin dans l'immédiat. Il leur faut de l’aide. Il leur faut du temps. On ne peut pas échapper à la misère du jour au lendemain !

Saint Jacques nous exhorte : « Mes frères, que sert-il à quelqu’un de dire qu’il a la foi, s’il n’a pas les œuvres ? La foi peut-elle le sauver ? Si un frère ou une sœur sont nus et manquent de la nourriture de chaque jour, et que l’un d’entre vous leur dise : Allez en paix, chauffez-vous et vous rassasiez ! Et que vous ne leur donniez pas ce qui est nécessaire au corps, à quoi cela sert-il ? » (Jc 2:14-16) Notre foi doit se traduire par des actions de solidarité. Nous sommes appelés à partager, même si ce que nous possédons est presque rien, comme ‘ces cinq pains et ces deux poissons’ du jeune garçon ! Mais des fois, le ‘peu de chose’ peut créer une grande différence ! Alors nous assisterons au miracle. Soyons attentifs aux besoins de ceux qui vous entourent. Offrons-leur le peu que nous avons. Le Seigneur nous invite à ouvrir notre cœur. Le partage renforce la solidarité. La générosité suscite plus d’amour. Si les nantis décident de partager avec ceux qui sont dans le besoin, le désert fleurira, la terre aride se changera en champ d’abondance.

La misère ne se limite pas au besoin matériel, elle se traduit également dans la solitude autant physique que psychologique ! Sachons aussi partager un peu de notre temps, de notre amitié, de nos sourires... Ne restons pas enfermés dans notre bulle, bien tranquilles, ancrés dans l’égoïsme individualiste, les yeux fermés sur cette réalité douloureuse du monde. Ouvrons généreusement nos mains et notre cœur à nos proches.

le 17 ème dimanche du temps ordinaire A

« Le Royaume des cieux est comparable à un trésor caché dans un champ… […] Le Royaume des cieux est comparable à un négociant qui recherche des perles fines. »

Mettre la main sur une merveille qui réjouit notre existence et nous propulse dans la vie. Ah, quel bonheur !… Découvrir un trésor ou une perle rare, c’est le rêve de tout un chacun ! Et quand l’occasion se présente, on se sent capable de tout sacrifier pour réussir l’affaire de sa vie ! L’image du trésor nous enflamme, le feu du désir nous brûle… Cette aspiration de richesse et de joie immense nous fascine. Rien de plus normal ! D’ailleurs, Jésus ne dit-il pas : « Là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur. » (Mt 6:21)

C’est le ressenti profond que nous procure la lecture de la parabole de l'Évangile d'aujourd'hui : Deux personnes découvrent la fortune, l’un par hasard et l’autre après une patiente recherche ! Ils ne s’y attendaient pas... Tous les deux vendent alors tout ce qu’ils possèdent pour acquérir ce qu’ils ont découvert. Ils misent toute leur fortune sur ce qui leur semble essentiel. L'un et l'autre se séparent volontiers de leurs biens pour acquérir ce qui leur semble le plus précieux de tout. Ils sont prêts à accepter les éventuels bouleversements dans leur vie, à lâcher beaucoup de choses pour acquérir l’objet du désir. La joie indicible éclipse les sacrifices. Un détachement délibéré et de bonne grâce ! C’est dans la joie, qu’ils se dépouillent de ce qu’ils considèrent comme superflu face à cette découverte extraordinaire, ce butin inespéré. « Dans sa joie, il s’en va vendre tout ce qu’il possède. » Le cœur humain est fait pour le bonheur qu’un tel trésor promet. Le prix à payer ne sera jamais trop élevé en comparaison avec la satisfaction qu’il procure. Ainsi, dans la recherche d’un idéal qui rend l’homme pleinement lui-même, chacun se sent capable de lâcher du superflu pour choisir l’impérissable. On se démène volontiers pour réaliser quelque chose de bien dans sa vie.

Cette petite parabole attire notre attention sur l’importance du choix d’un réel objectif à atteindre et comment le réaliser ! Partir à la conquête d’un idéal qui nous tient à cœur est toujours une aventure passionnante. Mais avant toute chose, la clarté de l’objectif visé est essentielle pour pouvoir progresser dans sa recherche et nous permettre d’avancer sereinement dans la vie. Jésus nous invite à nous poser quelques questions essentielles : ‘Qu’est-ce qui a le plus de valeur à mes yeux ? Quel est le bien incomparable, unique entre tous, ce à quoi je dois préférer à toute autre chose, à sacrifier tout le reste ? Et cela dans la joie !’

À quel genre de trésor devrions-nous confier notre cœur et tout notre être ? Quel est le Bonheur absolu répondant aux aspirations les plus profondes de l'homme. Et comment le reconnaître ? C’est bien là la question fondamentale. Il nous faut donc une clairvoyance d’esprit pour distinguer l’essentiel de l’accessoire. Différencier le rêve de la réalité de la vie. Savoir reconnaître le véritable Bonheur qu’il nous faut ! Dans l’extrait du Livre des Rois que nous entendons aujourd’hui, le roi Salomon, au sommet de sa gloire, n’avait pas demandé à Dieu ni la richesse ni une longue vie, il souhaite avoir ce qui est pour lui l’essentiel : « Donne à ton serviteur un cœur attentif pour qu'il sache gouverner ton peuple et discerner le bien et le mal. » La sagesse dans le discernement. Une juste appréciation des choses !

Ah, ce fameux trésor, cette perle si belle… que chacun convoite ! Mais savons-nous qu’il existe déjà bel et bien en nous ! Jésus nous invite à découvrir ce trésor d’Amour caché au fin fond de nous-mêmes. Tellement bien enfoui qu’on a parfois du mal à le déceler. Dissimulé par l’égoïsme et l’intolérance, enseveli par l’aigreur et la haine… Oui, nous avons tous, quelle que soit notre condition de vie, un trésor à exposer au grand jour, une perle à faire briller de mille éclats. C’est l’amour partagé. Une richesse à mettre à la disposition de tous. Cela se révèle dans la tendresse des regards, dans la douceur des paroles, dans l’affection des échanges... Dieu nous appelle à faire rayonner cet Amour qui donne sens à notre vie. Certes, il y a des efforts à consentir, des contraintes à accepter, mais ne passons pas à côté de toutes ces merveilles qui illuminent notre existence. Un vrai trésor pour ceux qui savent l’exploiter !

Nguyễn Thế Cường Jacques

le 16 ème dimanche du temps ordinaire A

1/4

Il n'y a rien de plus simple que la fabrication d'un pain, me diriez-vous... Et pourtant, il n'est pas facile de trouver du bon pain. Aspect, odeur, texture et goût… cuisson parfaite ! Retrouver tout cela dans une croûte croustillante et une mie moelleuse, ce n'est pas toujours évident. Il lui faut de la bonne farine, du bon levain et de la doigté de l’artisan qui le façonne.

« Le Royaume des cieux est comparable à du levain qu'une femme enfouit dans trois grandes mesures de farine, jusqu'à ce que toute la pâte ait levé. »

Dans cette petite parabole, Jésus met l’accent sur l’action du levain qui fait lever la pâte. Une portion de ferment agit sur ‘trois grandes mesure de farines’ pour leur permettre d'exprimer pleinement leurs potentiels. Comme la symbiose délicate entre le levain et la farine pour donner au pain son goût incomparable, la force prodigieuse du ‘Royaume des cieux’ agissant en nous, est capable de nous transformer en profondeur. La participation de l’homme est indispensable à l’action divine. L’harmonie subtile entre la vie intérieure et nos activités bonifie nos tâches journaliers. Dieu invite l’homme à se laisser métamorphoser par la grâce pour devenir le meilleur de lui-même.

À travers cette parabole, Jésus souligne l’association entre la fertilité du sol et la vitalité de la semence pour permettre à ‘une graine de moutarde’ à devenir ‘un arbre’. Certes, c’est une image qui sort de l’ordinaire… mais c’est pour montrer que cette réactivité fait germer la graine dans le secret des entrailles de la terre. Dans de bonnes conditions, la plante se développera et grandira vite. Cependant la semence ne peut produire de bons résultats que dans une terre accueillante. De la même façon, c’est le dynamisme de la foi qui rend notre vie féconde. La grâce de Dieu ne peut agir qu’avec la participation de l’homme. C’est cette synergie combinée entre l’effort de l’homme et l’action divine qui produira les bienfaits en nous et autour de nous. La petite plante deviendra grande et fera du bonheur autour d’elle.

Un rien de levain fait lever la pâte dans le silence de la nuit. Une toute petite graine de moutarde, confiée à la terre et sans que personne ne s’en préoccupe, a accompli sa gestation pour « devient un arbre, si bien que les oiseaux du ciel font leurs nids dans ses branches. » Les deux paraboles soulignent la modeste contribution de l’homme à l’action divine pour aboutir à une vitalité extraordinaire par la suite. Avec notre bonne volonté, l’Esprit-Saint peut réaliser des prouesses étonnantes en nous et autour de nous. Mais, il arrive aussi que, malgré tous nos efforts et notre bonne volonté, la transformation semble s’éterniser. Le levain semble prendre du temps pour faire lever la pâte… La semence tarde à germer... Soyons patients. Notre chemin de foi s’avère des fois cahoteux et difficile à gérer, mais laissons Dieu nous façonner à son rythme, à sa manière et tout en douceur. Soyons persévérants ! Ne laissons pas la lassitude nous surprendre. Continuons avec courage notre route ! L’Esprit-Saint agira au fin fond de notre âme.

Les choses simples et discrètes tapissent le chemin de notre vie. Mais la différence pour chacun de nous réside dans l'attention que nous portons aux détails. De petits soins, de petits mots aimables, des regards attentionnés… dans notre vie. Tout est dans la qualité de l’amour qui accompagne nos actes. Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus confie : ‘Je mettrai tant d’amour dans les petites choses ordinaires qu’elles en deviendront extraordinaires.’ Dieu ne fait pas de distinction entre les petites choses et celles qui, aux yeux des hommes, apparaissent comme grandes. Des faits et gestes tout simples qui peuvent avoir une valeur inestimable…

le 15 ème dimanche du temps ordinaire A

« Voici que le semeur est sorti pour semer. Comme il semait, des grains sont tombés au bord du chemin, […] d'autres sur le sol pierreux, […] d'autres dans les ronces, […] d'autres sur la bonne terre... » Une parabole magnifique sur la gratuité de la grâce divine !

À travers ce geste généreux du ‘semeur’, Jésus nous fait découvrir la générosité de Dieu et la prodigalité de sa bonté. À la différence d’un agriculteur avisé, sélectionnant le terrain à semer pour une meilleure récolte, Dieu répand sa grâce sur chacun de nous sans préjuger de l’accueil qui lui sera fait et sans considérer la qualité du milieu sur lequel ses bienfaits vont tomber. Telle une semence de vie, la Parole de Dieu est répandue en abondance. Libre à nous de bien l’accueillir et de la faire germer dans de bonnes conditions.

À l'image des terrains décrits dans la parabole, la grâce de Dieu est présente dans le cœur de chacun, même si nous n'en avons pas toujours conscience. Sa Parole est semée. Elle se fait entendre à l'intérieur de nous en diverses occasions et sous une variété de formes, pour nous conseiller, nous inspirer des solutions à nos problèmes, nous réconforter quand nous sommes accablés et nous réorienter quand nous sommes déconcertés.

Le prophète Isaïe compare la Parole de Dieu à la pluie qui abreuve la terre et la féconde. Elle fait germer ses bienfaits dans notre vie. « La pluie et la neige qui descendent des cieux n'y retournent pas sans avoir abreuvé la terre, sans l'avoir fécondée et l'avoir fait germer, pour donner la semence au semeur et le pain à celui qui mange ; ainsi ma parole, qui sort de ma bouche, ne me reviendra pas sans résultat, sans avoir fait ce que je veux, sans avoir accompli sa mission. » (Isaïe 55:10-11)

La grâce de Dieu est accordée à tous ! La Parole de Dieu est semée sur tout type de terrain, sans restriction. Mais si nous n’y prêtons pas attention, c’est comme un son qui passe. Elle n’aura aucune résonance dans notre vie. Comme toute semence, elle ne peut se développer qu’avec la complicité du terrain. Elle ne peut pas agir sans notre participation. Ses bienfaits dépendent de notre disponibilité pour se déployer. La concrétisation de l'action divine nécessite une implication active de notre part.

Et moi, quel genre de terrain suis-je ? Un terrain broussailleux étouffé par les besoins futiles ou le luxe éphémère ? Un terrain rocailleux rendant ma foi superficielle ? Un terrain en marge de toute vivacité religieuse ? Et même, si je suis une bonne terre, ne puis-je pas la travailler encore davantage pour bien accueillir la semence ?

En réalité, selon les moments favorables ou non, chacun de nous est comme l’un ou l’autre des terrains mentionnés dans la parabole. Plus ou moins accueillant à la ‘semence’, selon le temps et les circonstances. À certains moments, la Parole de Dieu vibre au plus profond de nous-mêmes. C'est l’émerveillement devant un texte ou un message. La ‘semence’ semble bien germer. Mais rapidement, quand l'ardeur retombe, nous sommes vite repris par la routine de la vie. Et à la première difficulté rencontrée, tout partira comme un fétu de paille emporté par le vent, sans effet durable sur notre foi. Cependant, la ‘semence’ peut aussi prendre du temps pour montrer ses premières bourgeons. Ne nous étonnons pas de l’apparente lenteur du résultat. Si elle est bel et bien enfouie dans notre cœur, elle prospérera. Il faut du temps pour que la Parole de Dieu puisse s’implanter et agir en nous.

La Parole de Dieu est toujours là pour se faire entendre et résonner en nous. Elle ne s'impose pas. Elle fait appel à notre hospitalité pour germer. Ouvrons généreusement notre cœur pour l’accueillir et la faire croître en nous. « Celui qui a reçu la semence dans la bonne terre, c'est l'homme qui entend la Parole et la comprend ; il porte du fruit à raison de cent, ou soixante, ou trente pour un. » (Mt 13:23)

Nguyễn Thế Cường Jacques

 14 ème dimanche du Temps Ordinaire — A

À l’époque de Jésus, sous l’occupation romaine, le peuple d’Israël connaissait une fiscalité très lourde et une existence précaire. La population est accablée par les soucis et les ennuis de toutes sortes. En plus de cela, la religion, telle qu’elle est proposée par les autorités religieuses, est faite de lourdes contraintes. La Loi de Moïse est devenue un carcan de rites, de pratiques et d’interdits... C'est à ce peuple en désarroi, et à chacun de nous aujourd’hui, que Jésus adresse son message d’Amour : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. » Jésus va au plus intime du cœur de l’homme !

Une Parole qui enchante le cœur ! Jésus se propose de partager notre fardeau quotidien. Il veut nous alléger du poids des soucis trop lourd à porter. À plusieurs reprises, l'Évangile de saint Matthieu nous révèle que Jésus est un homme de compassion. Souvenons-nous du regard rempli de bonté sur la foule qui venait à Lui : « À la vue des foules, Jésus eut grande compassion, car ces gens étaient fatigués et abattus comme des brebis qui n'ont pas de berger. » (Mt 9:36) C’est toute la sollicitude du ‘Bon Pasteur’ qui veille sur son troupeau... Une attention chaleureuse et pleine d'humanité envers tous ceux qui sont sous sa protection, faisant le lien avec la prophétie d’Ezéchiel : « Comme un pasteur s'occupe de son troupeau, quand il est au milieu de ses brebis éparpillées, je m'occuperai de mes brebis. Je les retirerai de tous les lieux où elles furent dispersées, au jour de nuées et de ténèbres.» (Ez 34:12)

Autour de nous, la société exalte la réussite et la force. La publicité vante la beauté et la richesse. Dans un monde où l’argent et le pouvoir ont une place prédominante, la loi du plus fort règne en maître ! La vie au quotidien laisse peu de place aux gens ordinaires et aux faibles ! « Venez à moi… » Jésus s’adresse à tous ceux qui peinent sous le poids du labeur, à tous ceux qui sont écrasés par les épreuves et les ennuis de toutes sortes.

Il invite tous ceux qui sont à la recherche d'un havre de paix à venir puiser chez Lui une énergie nouvelle pour mieux avancer dans la vie. Il leur promet son soutien. Un appel à suivre sa voie pour avoir la joie et la paix dans l’âme. Sa Parole procure du réconfort et son enseignement n’est pas un poids de plus qui nous courbe mais le chemin vers le Bonheur.

« Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. »

En cette période de l’année où tout nous évoque le mot ‘vacances’ ! Après un temps perturbé et un confinement bien contraignant avec son lot quotidien de préoccupations et de soucis, beaucoup d’entre nous ressentent le besoin d’un moment de répit pour reprendre son souffle. La liturgie de ce 14ème dimanche du Temps Ordinaire rejoint l’aspiration de chacun au repos. Une détente du corps mais aussi de l’esprit pour diminuer l’impact du stress. Un repos qui permet à l'organisme de se régénérer. Une sérénité qui aide l’âme à se ressourcer. Rompre avec la routine et les agitations de la vie quotidienne pour mieux s’organiser et préparer l’avenir... Et pourquoi pas de courts voyages vers notre for intérieur pour une retrouvaille personnelle avec Jésus. Nous n’avons pas besoin d’aller bien loin, il suffit de l’accueillir au plus profond de notre cœur. Dans ces moments privilégiés, confions-lui nos joies et nos peines. Faisons-lui part de nos projets pour l’avenir ou de nos aspirations… À deux, les soucis deviennent moins stressants. À deux, les projets pour l’avenir se révèlent plus exaltants. L’esprit en paix et le cœur léger, nous serons plus en mesure de faire un pas vers ceux qui nous entourent et les accueillir comme ils sont.

Ce que Jésus fait pour nous, nous sommes invités à le réaliser pour les autres. Soulager autant que possible leur fardeau. Être à l’écoute de ceux qui ont besoin de notre aide. Partager leur peine. Ceux qui viennent à notre rencontre devraient repartir avec un cœur moins lourd et avec le sentiment que quelqu'un les porte dans son amitié et dans sa prière.

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 13ème dimanche du Temps Ordinaire — A

Une fois de plus, l’Évangile nous surprend. La requête de Jésus aujourd’hui a de quoi nous étonner. Évoquant l’appel proclamé dans le Deutéronome, ‘Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur…’ (Dt 6:4) ses propos sont plus intransigeants : « Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi ; celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi. » Une Parole qui décoiffe !…

Cela suppose-t-il que l’affection familiale entre en conflit avec la fidélité que nous devons à Dieu ? Aimer sa famille devient-il un obstacle à notre communion avec Lui ? Certainement pas !... Le message d’Amour est l’épine dorsale de l’enseignement du Christ. Jésus a toujours insisté sur le lien indissoluble entre l’amour de Dieu et celui du prochain, à plus forte raison l'affection pour sa propre famille. Dans l’Évangile de saint Marc, Jésus a vertement dénoncé l’hypocrisie des pharisiens qui, sous prétexte de servir Dieu, évitent d’assister leurs parents : « Moïse a dit : ‘Honore ton père et ta mère.’ Et encore : ‘Celui qui maudit son père ou sa mère sera mis à mort.’ Mais vous, vous dites : Si un homme déclare à son père ou à sa mère : ‘Les ressources qui m’auraient permis de t’aider sont réservés à Dieu’, alors vous ne l’autorisez plus à faire quoi que ce soit pour son père ou sa mère ; vous annulez ainsi la parole de Dieu par la tradition que vous transmettez. » (Mc 7:11-13)

Jésus reste profondément attaché à l’amour familial. Et c’est en ce sens que saint Paul cite le verset de l'Exode (Ex 20:12) pour rappeler aux éphésiens leur devoir envers les parents : « Vous, les enfants, obéissez à vos parents dans le Seigneur, car c’est cela qui est juste : ‘Honore ton père et ta mère.’ C’est le premier commandement qui soit assorti d’une promesse : ‘Ainsi tu seras heureux et tu auras longue vie sur la terre.’ » (Ep 6:1-3) Aux Colossiens, il exhorte : « Enfants, obéissez à vos parents en toutes choses, car cela est agréable dans le Seigneur. » (Col 3:20) Cependant, tout amour terrestre, même le plus légitime et le plus pur, est subordonné à l'attachement à Dieu. S’agissant de son message d’aujourd’hui, loin d'exclure ce qui est une réalité fondamentale de la vie humaine, Jésus nous invite à ne pas limiter notre cœur au strict cercle familial mais à donner priorité à la relation qui donne du sens à toutes les autres. La foi nous ouvre le chemin vers le vrai Amour.

L'amour pour Dieu et la charité envers le prochain restent indissociables. C’est le signe distinctif d’un vrai disciple du Christ : « Je vous donne un commandement nouveau : Aimez-vous les uns les autres ; comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres. À ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour les uns pour les autres. » (Jn 13:34-35) Jésus nous ramène au concret de son message : « Celui qui donnera à boire, même un simple verre d’eau fraîche, à l’un de ces petits en sa qualité de disciple, amen, je vous le dis : non, il ne perdra pas sa récompense. » (Mt 10:42) Il nous invite à Le découvrir chez notre prochain. « En vérité, je vous le dis, dans la mesure où vous avez fait cela à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » (Mt 25:40)

‘Aimer Dieu’ se manifeste dans la chaleur humaine envers le prochain, à fortiori se doit-on à sa propre famille. Nous installons ainsi le Royaume de Dieu parmi nous. Saint Jean nous rappelle cette vérité fondamentale : « Si quelqu’un dit : J’aime Dieu et qu’il déteste son frère, c’est un menteur. » (1 Jn 4:20) Il nous recommande de mettre en pratique notre foi : « Si quelqu’un possède les biens du monde, qu’il voie son frère dans le besoin et qu’il lui ferme son cœur, comment l’amour de Dieu demeurera-t-il en lui ? Petits enfants, n’aimons pas en parole ni avec la langue, mais en action et en vérité. » (1 Jean 3:17-18)

C’est ainsi que le message du Christ dans l'Évangile d'aujourd’hui a incité de nombreuses personnes à entraîner les membres de leur famille à ouvrir largement leur cœur au service des autres.

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 12ème dimanche du Temps Ordinaire — A

L’appréhension ou la peur est une sensation que nous avons tous déjà expérimentée. Une angoisse face à une menace potentielle. Elle nous avertit de l’existence d’un problème. Mais que se passe-t-il lorsque la peur nous pousse à renier notre conviction pour échapper à un éventuel conflit ? Et quand la crainte détermine la conduite, c’est l’engrenage !... Pierre a amèrement vécu cette situation. Il a renié à trois reprises Jésus devant une jeune servante... Plus tard, il écrira : « Soyez prêts à tout moment à présenter une défense devant quiconque vous demande de rendre raison de l’espérance qui est en vous. » (1 Pierre 3:15) Il nous encourage à nous tenir prêts à témoigner notre foi face à l'ironie et aux moqueries.

L’opinion des gens détermine souvent notre comportement et notre pensée. Et comme chacun peut le constater, il n’est jamais confortable d’aborder le thème de la religion dans un climat de plus en plus défavorable, voire hostile. Dans une société où le souci du bien-être matériel prime sur tout le reste, oser parler de Jésus est devenu un acte de courage.

Nous avons peur de nous distinguer des autres. Par crainte de déplaire, nous sommes prêts, des fois, à passer sous silence notre conviction chrétienne au nom d’une meilleure approbation des gens. Nous hésitons d’agir lorsque l’opportunité se présente pour proclamer l’Évangile. Comme Jérémie, ceux qui s’engagent dans cette voie, loin de connaître la sympathie et les encouragements, devront subir l’incompréhension, les moqueries et même la persécution. « Moi Jérémie, j’entends les calomnies de la foule. […] Tous mes amis guettent mes faux pas […] Mais le Seigneur est avec moi, tel un guerrier redoutable : mes persécuteurs trébucheront, ils ne réussiront pas. »N’ayons pas peur d’exprimer ouvertement notre foi. N’ayons pas peur de nous montrer chrétien et d’agir en disciple du Christ devant ceux qui peuvent nous ridiculiser. N’ayons pas peur de bousculer les habitudes qui nous empêchent d’avancer et de proclamer au grand jour les valeurs essentielles. « Celui qui me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est aux cieux. » nous avertit Jésus. Le Christ nous encourage à garder notre confiance en Lui. « Ne craignez pas ceux qui tuent le corps sans pouvoir tuer l’âme. »

Certains prétendent que toute vérité n’est pas bonne à dire ! Mais Jésus nous invite au contraire à ne rien voiler et à ne rien cacher. « Ne craignez pas les hommes ; rien n’est voilé qui ne sera dévoilé, rien n’est caché qui ne sera connu. Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le en pleine lumière ; ce que vous entendez au creux de l’oreille, proclamez-le sur les toits. » Dans un discours prononcé le 22 décembre 2014 devant la Curie romaine, le pape François n’a pas hésité à secouer le haut clergé pour le convier à un véritable examen de conscience ! Il a sévèrement critiqué la gouvernance de l'Église et a notamment dressé un ‘catalogue’ de quinze maux qui menacent l'institution : ‘l'Alzheimer spirituel’, ‘la rivalité et la vanité’, ‘le carriérisme et l'opportunisme’, ‘le désir des biens matériels’, ‘la formation de cercles fermés’, ‘la recherche du prestige’... Un franc-parler fort et courageux ! Avant lui, le 22 octobre 1978, à la place Saint-Pierre, l’appel du pape Jean-Paul II à l’audace résonne bien au-delà des colonnes du Bernin. « Ouvrez, ouvrez toutes grandes les portes au Christ, à sa puissance salvatrice. [...] N’ayez pas peur ! »

N’ayons pas peur de proclamer haut et fort notre foi en Jésus Christ.

N’ayons pas peur de nous faire entendre pour défendre la justice et la paix.

N’ayons pas peur de rester honnête dans un monde qui pratique la corruption.

N’ayons pas peur de redresser une situation qui s’amorce sur une pente douce.

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Fête  du Corps et du Sang du Christ   A

La fête du Corps et du Sang du Christ paraît en apparence inadéquate, car à chaque célébration eucharistique nous nous rassemblons pour participer à cette union sacrée avec le Christ. En communion avec l’assemblée des chrétiens, nous nous tournons vers Dieu pour une action de grâce, nous célébrons le mystère de la Rédemption. Toutefois, la solennité du Saint-Sacrement nous donne l’occasion de nous poser spécialement quelques questions essentielles : ‘Pourquoi vais-je à la messe ? Comment je la vis ? Ai-je une présence réelle dans la cérémonie, pour prier et me ressourcer ?’ Une réponse sans détour à ces questions nous fera prendre conscience de notre état d’esprit durant la cérémonie. Car parfois l'habitude nous fait oublier le caractère sacré de la célébration eucharistique.

L’Eucharistie est certainement la plus belle institution mise en place par Jésus pour rester auprès de nous. Jésus se donne à nous en vraie nourriture. « Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c'est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie. » Dans le désert, durant tout le temps de la longue marche vers la Terre Promise, Dieu a nourri le peuple d’Israël. De la même façon, l’Eucharistie revigore notre foi, structure notre vie chrétienne et la ponctue. Elle est la respiration, la vivacité de notre vie spirituelle et nous propulse tous ensemble dans la vie active. « Là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d'eux. » (Mt 18:20).

Le Concile Vatican II nous rappelle l’importance de l’Eucharistie dans notre vie de baptisés : « L’Eucharistie est la source et le sommet de toute la vie chrétienne. » Mais avouons que certaine cérémonie ne nous élève point ! Abstraction faite de la liturgie proprement dite, des formules toutes faites et souvent répétées ne nous brûlent plus. Des rites exécutés avec routine, dénués de tout sentiment religieux n’élèvent plus l’âme. Un ronron dominical qu’on vit comme une tradition religieuse à respecter où la vitalité spirituelle est absente... Et d’ici là, dans l’assemblée, certains se comportent comme dans un spectacle, bavardant, plaisantant comme si c’est dans un lieu public. Allant et venant avec désinvolture pendant la cérémonie… sans même faire attention à la présence des Hosties consacrées dans ce lieu sacré. Des comportements peu respectueux devant le Saint-Sacrement ! Ceux-là restent à la porte du Mystère de la présence du Christ dans l’Eucharistie. Saint Paul les met en garde : « Ainsi donc, quiconque mange le pain ou boit la coupe du Seigneur indignement aura à répondre du Corps et du Sang du Seigneur. » (1 Co 11:27)

Lors de l’audience générale du 8 novembre 2017, le pape François souligne avec force : « S’il vous plaît ! La messe n’est pas un spectacle : c’est la rencontre avec la Passion et la Résurrection du Seigneur. » Le Pape a tenu à exprimer sa tristesse devant les attitudes inadéquates de certains lors des célébrations. « Je vous avoue que cela me rend triste quand je célèbre sur cette place ou dans la basilique et que je vois tous ces téléphones en l’air, et pas seulement ceux des fidèles, mais aussi ceux de certains prêtres ou même d’évêques. » Dans une pareille ambiance, nous comprenons bien que beaucoup de baptisés ne reviennent plus à l’église !… La messe n’est ni un concert ni une représentation qu’on vient assister qui, selon les cas, nous plaît ou nous déplaît. Souvenons-nous de la colère de Jésus contre les marchands du Temple (Mt 21:12-13), Il rappelle aux habitants de Jérusalem que le Temple est ‘la maison de Dieu’ : « Il est écrit que la maison de mon Père est appelée une maison de prière. Et vous, vous l’avez transformée en un repaire de brigands ! »

La fête du Saint-Sacrement revête donc une importante particulière car elle souligne le sens de nos rencontres dominicales. Par conséquent, la célébration eucharistique ne doit pas rester au niveau des rites religieux ou une simple dévotion. Elle est au centre de notre vie chrétienne. À l’invitation du célébrant, ensemble, ‘élevons notre cœur’ pour entrer en communion avec le Christ présent dans le pain et le vin consacrés.

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Fête  de  la Sainte Trinité   A

Dans l’année liturgique, il y a des fêtes qui nous parlent : Noël, Pâques, Pentecôte… Mais la Sainte Trinité que nous fêtons aujourd’hui nous jette plutôt dans un mystère religieusement admis, sans toutefois très bien comprendre : ‘Un seul Dieu en trois personnes’. Cette subtilité nous plonge dans un abîme de perplexité... L’Harmonie Suprême : TROIS ne fait qu’UN, mais Chacun garde sa propre personnalité. Et si on s'en tient à cette formule abstraite, on a du mal à imaginer que cela puisse être une fête !

Mais, qui est donc Dieu ?... Et quelle est mon attachement personnel à chacune de ces ‘Trois Personnes’ ? Des questions qu’on ne se pose presque jamais. Cependant elles sont fondamentales et déterminent notre foi.

Dans l’Ancien Testament, Dieu s’est révélé à Moïse : « Je suis qui je suis ! » (Exode 3:14) Dieu, c’est Dieu !… sans autre définition. Avec Jésus, Dieu se dévoile d’une manière plus explicite. Au cours de sa mission, Jésus fait souvent allusion à son UNION parfaite avec le ‘Père’ : « Croyez-moi, je suis dans le Père, et le Père est en moi. » (Jn 14:11) Après sa Résurrection, Il transmet à ses disciples son ‘Souffle de Vie’ : « Il répandit sur eux son souffle et il leur dit : Recevez l'Esprit Saint. » Ainsi, Jésus ne fait qu’Un avec ‘le Père’ et le ‘Saint-Esprit’. D’une manière plus explicite, avant de quitter ses apôtres, Jésus leur révèle l’Unité des trois Personnes, ‘le Père, le Fils et le Saint-Esprit’ et les exhorte à aller porter la Bonne Nouvelle au monde entier pour ramener les âmes à Dieu : « Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. » (Mt 28:19)

Croire à la Trinité, c’est adhérer à Dieu et aussi à la communion humaine en Dieu. Par la foi, nous rentrons dans la logique de la Trinité : nous ne sommes pas seuls, nous sommes en lien les uns avec les autres et avec Dieu. C’est cet Amour que nous devons transmettre à tous ceux qui nous entourent : notre famille, nos divers lieux de vie et de travail. Dans notre vie quotidienne, rayonnons cet amour divin déposé dans notre cœur de telle sorte que les gens, en nous voyant, auront peut-être une réponse à leur question : ‘Mais qui donc est ce Dieu ?’ Indéniablement, c’est un Dieu-Amour !

Dans notre pratique religieuse au quotidien, la Sainte Trinité est placée sous le signe de la Croix. ‘Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.’ Ce signe sacré exprime à lui seul le trésor de notre foi chrétienne. Il manifeste l’amour permanent que le Père nous communique à travers son Fils et grâce à l’action du Saint-Esprit. Nous sommes des enfants bien-aimés de Dieu. Cependant, trop souvent, nous le faisons sans y apporter l’attention qu’il requiert. Pour sainte Bernadette, le signe de la Croix revêt une importance particulière. En effet, dès le début de la première des dix-huit apparitions dont elle a bénéficié, la Vierge Marie lui a appris à accomplir ce geste fondamental. Plus qu'un simple signe, c'est une initiation aux mystères de la foi que Bernadette reçoit de Marie.

Que fête de la Sainte Trinité ouvre notre cœur à l'Amour de Dieu et nous unisse fraternellement autour d’un Dieu qui nous aime tous : « Que tous, ils soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu'ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m'as envoyé. » (Jn 17:21)

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 Dimanche de  la PENTECÖTE   A

La liturgie de la Pentecôte nous propose deux textes décrivant la manifestation du Saint-Esprit sur les apôtres. Le récit des Actes des Apôtres est haut en couleurs : La venue du Saint-Esprit est retentissante et enflamme les cœurs. « Tout à coup, il vint du ciel un bruit comme celui d’un souffle violent qui remplit toute la maison où ils étaient assis. Des langues qui semblaient de feu et qui se séparaient les unes des autres leur apparurent ; elles se posèrent sur chacun d’eux. Ils furent tous remplis d’Esprit-Saint et se mirent à parler en d’autres langues, selon que l’Esprit leur donnait de s’exprimer. » (Ac 2:2-4) L'Évangile nous décrit en revanche cet événement dans une ambiance plus sereine et en toute intimité. Jésus offre à ses disciples sa Paix et son ‘Souffle de Vie’ : « ‘La paix soit avec vous !’ Ayant ainsi parlé, il répandit sur eux son souffle et il leur dit : ‘Recevez l'Esprit Saint.’ »

Le contraste semble évident : tandis que le livre des Actes des Apôtres évoque le feu et l’enthousiasme, le récit de saint Jean est fait d’intériorité et de discrétion. Toutefois, dans les deux cas, l’Esprit-Saint se manifeste comme une force vivifiante émanant de la Paix intérieure et capable de nous enflammer au plus profond de nous-mêmes. Deux manières différentes mais complémentaires de parler du Saint-Esprit qui renouvelle le cœur de l’être humain.

L’Esprit-Saint réchauffe les cœurs et apporte la sérénité dans l’âme. Le ‘Souffle de Vie’ nous procure la joie de vivre et en même temps nous incite à aller témoigner avec force notre foi. Nous captons l’Énergie intérieure pour la transformer en action. Une symbiose entre le social et la vie spirituelle. Cette Harmonie facilite l’évolution de notre être à tous les niveaux et nous aide à mieux percevoir les nouvelles facettes de notre vie. L’intimité avec Dieu nous colle à la réalité de la vie. Une convivialité totale entre l’Esprit et l’être. Un chemin du bonheur. L’accord parfait de la sonorité personnelle à la symphonie divine.

Dans l'Évangile d’aujourd’hui, Jésus offre en tout premier lieu la Paix à ses apôtres avant de répandre sur eux le ‘Souffle de Vie’. « La paix soit avec vous ! » La Paix dans l’âme pour mieux accueillir la grâce divine. Jésus les prépare à recevoir l’Esprit-Saint. « Vous allez recevoir une force, celle de l’Esprit Saint qui descendra sur vous. » (Ac 1:8) À la Pentecôte, son Esprit se manifeste sur eux comme un feu qui embrase leur vie. Un vent de fraîcheur les invite à sortir au grand air, à s’ouvrir vers les autres et à témoigner leur foi. Une force intérieure les pousse à partir annoncer à tous les hommes qu'ils sont aimés de Dieu.

À nous aussi, Jésus nous offre son ‘Souffle de Vie’. Sa grâce nous transforme et sa puissance nous pousse à rayonner autour de nous. Mais ce don gratuit doit être régulièrement ranimé pour rester vivace. Ainsi, saint Paul rappelle avec insistance à Timothée : « C’est pourquoi, je t’exhorte à ranimer la flamme du don de Dieu que tu as reçu par l’imposition de mes mains. Car ce n’est pas un Esprit de timidité que Dieu nous a donné, mais un Esprit de force, d’amour et de sagesse. » (2 Tim 1:6-7) Cette Énergie ne peut se déployer pleinement en nous que si une paix intérieure nous habite. Et c’est cette quiétude dans l’âme qui facilite l’ouverture de notre cœur pour accueillir avec amour Dieu dans notre for intérieur. « Vous n’avez pas reçu un Esprit qui fait de vous des esclaves et vous ramène à la peur ; mais vous avez reçu un Esprit qui fait de vous des fils ; et c’est en lui que nous crions 'Abba !', c’est-à-dire : Père ! » (Rom 8:15)

Apprenons à écouter et à suivre l’inspiration du Esprit-Saint. « Si nous écoutons l’Esprit-Saint, il nous enseigne cette voie de la sagesse, il nous offre la sagesse qui consiste à voir avec les yeux de Dieu, à entendre avec les oreilles de Dieu, à aimer avec le cœur de Dieu, à juger les choses avec le jugement de Dieu. » (Pape François)

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7ème dimanche de PÂQUES  A

L’Ascension accomplie ! La tristesse de séparation était accablante, mais les apôtres ne se laissent pas aller à l’abattement. Leur réaction spontanée est de retourner à Jérusalem pour prier. Le texte du livre des Actes des Apôtres mentionne : « Les Apôtres, après avoir vu Jésus s’en aller vers le ciel, retournèrent à Jérusalem... [...] Tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière, avec des femmes, avec Marie la mère de Jésus, et avec ses frères.» (Ac 1:12-14)

Une retraite spirituelle dans la plus grande simplicité. Un moment particulier d’union et d'entraide pour se soutenir mutuellement. Un temps d’action de grâce pour ce qu’ils ont vécu jusqu’à présent. Saint Luc nous signale la présence discrète de Marie. En communion avec ‘la mère de Jésus’, les apôtres se recueillent en attendant avec confiance la suite des événements. On ne peut rêver une plus belle assemblée !... La première communauté chrétienne en prière avant d’être envoyée annoncer la ‘Bonne Nouvelle’ ! Dans ces instants d’intimité, Marie partage l’émotion et l’inquiétude des disciples du Christ face à une grande aventure qui les attend : leur mission apostolique à travers le monde.

L'Évangile aujourd’hui nous relate la prière du Christ à un moment particulièrement douloureux de sa vie, au soir de sa mort. « Désormais, je ne suis plus dans le monde ; eux, ils sont dans le monde, et moi, je viens vers toi. Père saint, garde mes disciples dans la fidélité à ton nom que tu m'as donné en partage, pour qu'ils soient un, comme nous-mêmes. » Une prière qui vient du fond du cœur. Jésus prie pour ses disciples car Il sait combien leur mission sera rude. Leur fidélité sera sans cesse mise à l'épreuve.

La prière ! Les apôtres ont été dans la meilleure des écoles. En effet, durant ces trois années auprès d’eux, Jésus leur a appris à maintes reprises à s’adresser au Père. Et en ce temps mémorable, c’est en compagnie de Marie qu’ils puisent leur force dans la prière !

Trop souvent, notre prière n'est que des mots enchaînés distraitement et rapidement sans réelle intimité avec Dieu. Un monologue basé sur nos requêtes sans même prendre le temps d’être en communication avec Dieu. Or, la prière doit être un élan du cœur envers Dieu, comme un instant de bonheur d’un enfant auprès de ses parents. Et c’est bien de cette manière que Jésus nous apprend à nous adresser à ‘Notre Père’ : « En priant, ne multipliez pas de vaines paroles, comme les païens, qui s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucés. Ne leur ressemblez pas, car votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant que vous le lui demandiez. Voici donc comment vous devez prier : ‘Notre Père qui es aux cieux !’ » (Mt 6:7-9) En toute simplicité, Thérèse de l’Enfant Jésus témoigne : « Je dis tout simplement au Bon Dieu ce que je veux lui dire, sans faire de belles phrases, et toujours Il me comprend… Pour moi, la prière, c’est un élan du cœur, c’est un simple regard jeté vers le Ciel, c’est un cri de reconnaissance et d’amour au sein de l’épreuve comme au sein de la joie ; enfin c’est quelque chose de grand, de surnaturel, qui me dilate l’âme et m’unit à Jésus. »

En cœur-à-cœur avec Dieu, la prière se traduit en parole, mais aussi dans le silence. Aujourd’hui, c’est aussi avec Marie que nous sommes invités à nous adresser à ‘Notre Père’. Marie nous accompagne dans nos démarches spirituelles. Elle est la guide la plus sûre pour nous mener jusqu’à Lui, la meilleure conseillère pour nous apprendre à connaître et à aimer Jésus. N'hésitons pas à ouvrir à Dieu la porte de notre cœur et l’horizon de notre vie.

« Invoquons l’intercession de Marie, pour qu’elle nous aide à nous laisser surprendre par Dieu sans opposer de résistance, à lui être fidèles chaque jour, à le louer et à le remercier, car c’est Lui notre force. » ( Pape François )

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Les Actes des Apôtres évoque très brièvement l’Ascension de Jésus dans le Ciel : « Il fut élevé pendant qu’ils le regardaient, et une nuée le déroba à leurs yeux. » (Act 1:9) Jésus se soustrait aux regards des apôtres...

Ascension du Seigneur A

Dès à présent, physiquement, Jésus se retire de la vie terrestre mais il n’est pas pour autant absent. « Je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde. » Une promesse que ses disciples ne sont pas encore en mesure, pour l’instant, de saisir toute l’ampleur ! En effet, cet événement sera pour eux l’amorce d’une fantastique transformation de vie. Une occasion d’affirmer publiquement leur foi et de montrer le chemin à tous ceux qui sont à la recherche d’une voie novatrice vers Dieu. Jésus les invite à partir sans tarder en mission : « Allez donc ! De toutes les nations faites des disciples, baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit ; et apprenez-leur à garder tous les commandements que je vous ai donnés. »

Après ces dernières paroles du Ressuscité, « et comme ils fixaient encore le ciel où Jésus s’en allait, voici que, devant eux, se tenaient deux hommes en vêtements blancs, qui leur dirent : Galiléens, pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? »

À nous aussi, l’ange du Seigneur nous invite à ne pas rester là ‘à regarder vers le ciel’, à nous perdre dans les nuages des dévotions doucereuses. Aujourd’hui, il nous faut regarder longuement notre milieu de vie, car le Christ nous a choisis pour répandre l’Amour et le Bonheur autour de nous, à apporter la ‘Bonne Nouvelle’ au monde. « Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la création. » (Mc 16:15)

La fête de l’Ascension nous rappelle que nous devons prendre l’envol dans le parcours de notre foi. Un vrai décollage dans le sillage du Christ. Ne nous figeons pas dans une spiritualité passive. Ouvrons-nous au monde par une démarche dynamique d’amour et de chaleur humaine. C’est à nous maintenant de continuer l’œuvre du Christ dans notre milieu de vie. Le Christ nous envoie à la rencontre de nos proches, auprès de ceux qui ont besoin de notre présence et de notre temps, de notre sourire et de notre amitié. C’est à nous d’agir...

Jésus nous fait confiance et laisse libre cours à nos initiatives. Mais, Il sera toujours là pour nous accompagner et nous assister dans les moments difficiles. Sa présence est parfois plus explicite, mais souvent il s’efface laissant le champ libre à l’expression de notre foi. Il ne s’agit pas d’une absence désertique mais plutôt d’une absence pleine d’attention car son Esprit est toujours présent à notre côté. Il se met tout simplement en retrait « comme cet homme partant en voyage » (Mt 25:14-30) qui remet des talents à ses serviteurs pour qu'ils les fassent fructifier. Autrement dit, Jésus nous confie notre propre destin pour que nous en soyons les artisans. C’est à nous de Le discerner parmi nos prochains et dans les événements de notre vie. Il n’attend rien d’autre que de nous voir déployer notre liberté inventive.

Dès à présent, vivons pleinement notre foi. Notre vie prend ici et maintenant, tout son sens. Il ne nous est pas permis de choisir entre le ciel et la terre, de s’abandonner à l’un et négliger l’autre. La foi n’est pas un baume apaisant qui nous berce, mais elle est une force vivifiante qui nous aide à faire de notre monde une communauté plus humaine où règnent la paix et le partage. À la suite du Christ, nous sommes invités à construire notre cité humaine sur les bases solides des valeurs chrétiennes. Engageons-nous dans une spiritualité active qui nous ouvre sur le monde. Une démarche dynamique d’amour et de charité.

« Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée. On n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais on la met sur le chandelier, et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison. Que votre lumière brille ainsi devant les hommes, afin qu’ils voient vos œuvres bonnes, et glorifient votre Père qui est dans les cieux. » (Mt 5:14-16) 

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6ème dimanche de PÂQUES  A

L’heure de séparation est proche... Au cours du dernier Repas Pascal, Jésus annonçait à ses apôtres son départ imminent : « C’est pour peu de temps encore que je suis avec vous. » (Jn 13:33) L’ambiance de fête est sans doute quelque peu troublée par cette déclaration inattendue du Maître. Une certaine inquiétude plane sur le groupe. De l’appréhension et surtout beaucoup d’interrogations. Mais, du fond de leur cœur, les fidèles disciples gardent toujours confiance en leur Maître pour délivrer le peuple d’Israël du joug des romains. Le moment est peut-être venu pour passer à l’action ?...

Seulement voilà, pour l’heure, Jésus leur donne cette simple recommandation : « Si vous m'aimez, vous resterez fidèles à mes commandements. Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous : c'est l'Esprit de vérité. » Un testament d’amour laissé à tous les êtres chers !... Il a encore beaucoup de choses à leur dire. Mais, dans l’immédiat, c’est une force d’esprit qu’il leur faut pour faire face aux épreuves.

Jésus prépare ses apôtres à continuer son œuvre sur terre sans sa présence. Ils recevront l’Esprit de Vérité qui les éclairera et les soutiendra : « Vous recevrez une puissance, le Saint-Esprit survenant sur vous. » (Actes 1:8) « Le Défenseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit. » (Jn 14:26) En effet, c’est bien cela qu’il leur faut, car sur le chemin de leur mission, les apôtres auront besoin de cette force pour affronter avec courage les difficultés qui les attendent. La force du Saint-Esprit sera sur eux. ‘Le Défenseur’ les accompagnera et les protégera.

C’est seulement bien plus tard que les apôtres prendront conscience de cette Force agissant en eux. Pierre qui n'avait pas eu le courage de confesser sa foi devant une simple servante deviendra un témoin intrépide du Seigneur après qu'il fut rempli de l’Esprit-Saint. Et tant d’autres, à la suite des apôtres, n’hésiteront pas à payer de leur vie pour témoigner leur foi. Ils persévéreront à annoncer la Parole de Dieu car l’Esprit de Jésus est toujours à leur côté : « Moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. » (Mt 28:20) L’Esprit-Saint apporte à tous ceux qui croient en Lui l’énergie nécessaire pour surmonter les épreuves de la vie. Saint Paul témoigne : « Car ce n’est pas un Esprit de timidité que Dieu nous a donné, mais (un Esprit) de force, d’amour et de sagesse. » (2 Tim 1:7) Lui-même s’appuie sur cette la puissance divine pour persévérer dans sa mission. « C’est à quoi je travaille, en combattant avec sa force qui agit puissamment en moi », écrit-il en Colossiens 1:29.

Tout au long de notre vie, il arrive des fois que Jésus nous soit perdu de vue ! Tellement embourbés dans nos propres problèmes que plus rien ne peut occuper notre esprit en pareille circonstance. Face aux turbulences de la vie, notre foi est mise à rude épreuve par le doute ou le découragement. Cependant, savons-nous qu’au fond de nous-même se cache une force inestimable, souvent dormante mais toujours prête à se réveiller. Encore faut-il la découvrir… Par moment, le courant spirituel semble interrompu, mais l’Esprit-Saint est toujours là, dans notre for intérieur, prêt à nous guider. ‘Notre compagnon de route est l’Esprit Saint’, a affirmé le pape François. Mettons-nous sans tarder en contact avec lui ! Sa Puissance cassera le cercle néfaste qui nous enferme. Sa Paix désamorcera bien des situations difficiles. Contre vent et marée, puisons notre force en Dieu pour remonter la pente. Laissons l’Esprit-Saint agir en nous. Son œuvre est comparable à la sève qui monte sereinement mais tout en puissance dans l’arbre. Et quelques fois, la vieille écorce craquera sous la poussée de la Vie qui fait du neuf. Le Saint-Esprit nous transformera et changera le cours de notre existence.

« Celui qui a reçu mes commandements et y reste fidèle, c'est celui-là qui m'aime ; et celui qui m'aime sera aimé de mon Père ; moi aussi je l'aimerai, et je me manifesterai à lui. » 

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5ème dimanche de PÂQUES  A

 « Seigneur, nous ne savons même pas où tu vas ; comment pourrions-nous connaître le chemin ? » (Jn 14:5)

Cette question de Thomas, à la veille de la Passion du Christ, révèle l’état d’âme des apôtres à un moment particulièrement dramatique. Jésus vient de leur annoncer qu'il va être trahi et renié. Dans le chapitre précédant ce texte, Jésus leur avait dit : « Mes enfants, je suis encore avec vous, mais pour peu de temps, et vous me chercherez. J'ai dit aux Juifs : ‘Là où je m'en vais, vous ne pouvez pas venir.’ Je vous le dis maintenant à vous aussi. » (Jn 13:33) Les disciples, désorientés, se sentent perdus, après cette déclaration inattendue du Maître.

Ce soir là, Thomas a posé à Jésus la grande question, l’énorme interrogation qui nous travaille tous dans les grandes épreuves de notre vie. Quand nous sommes dans le flou complet, dans l’obscurité la plus totale, que ce soit sur le plan psychologique, matériel ou religieux. Quand nous n’arrivons plus à mobiliser l’énergie nécessaire pour accomplir ce que nous voulons faire. Submergés par les difficultés de la vie, nous ne savons même plus dans quelle voie nous engager pour vivre notre foi ou tout simplement pour nous épanouir. Dans ces moments là, de petites joies nous laissent souvent un arrière-goût d’éphémère. Elles sont incapables de combler notre soif de bonheur infini. Nous sommes dans l’expectative de ‘quelque chose’ de plus profond. ‘Où vais-je ? Quel est le but ultime de ma vie ? Vivre pleinement sur cette terre, et après ?...’

Personne n’est à l’abri d’un événement capable de chambouler toute son existence. Devant cette fragilité humaine, les croyants que nous sommes risquent, nous aussi, de nous laisser écraser par les aléas de la vie. Certains tombent alors dans une totale léthargie, incapables de se prendre en charge. La moindre épreuve se transforme alors en révolte ou en désespoir. D’autres essaient de se raccrocher, tant bien que mal à des idées à la mode qui sont plus un sédatif apaisant qu’une force pour se relever et se tenir debout. D’autres encore se laissent emporter dans une fuite sans fin vers des plaisirs ou des joies éphémères.

Le plus difficile, dans ces circonstances, c’est de garder une constance sur ses objectifs et de doser les efforts à fournir afin de matérialiser ses aspirations. Mais il arrive souvent que notre attention soit focalisée sur les problèmes plutôt que sur l’idéal à atteindre. Soyons réalistes, une avancée ne s’effectue pas en un coup de baguette magique. Les obstacles seront nombreux et réels, mais c’est notre vision à long terme qui nous empêche de baisser les bras face aux problèmes qui peuvent survenir à tout instant. Sur ce chemin cahoteux et semé d’embûches, Jésus nous invite à mettre toute notre confiance en lui : « Ne soyez donc pas bouleversés : vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi. » Il est toujours là pour nous accompagner et nous guider. Mettons-nous à sa suite, même dans le brouillard de la vie...

La liturgie de ce dimanche est un appel à l'espérance. Jésus nous rassure : « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie. » Marchons toujours dans les pas du Christ. Tendons l’oreille pour discerner sa Voix. Gardons confiance à la Vie. Soyons notre propre acteur sur le Chemin vers la Vérité. Ce ‘Chemin’ peut être difficile ou imprévisible mais jamais inaccessible. Jésus sera toujours là pour nous guider. Il ne nous décevra jamais !

« Dieu veille sur ceux qui le craignent, qui mettent leur espoir en son amour, pour les délivrer de la mort, les garder en vie aux jours de famine. » (Ps 32:18-19)

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4ème dimanche de PÂQUES  A

« Moi, je suis le bon berger. Le bon berger donne sa vie pour ses brebis. » (Jn 10:11) Ce verset qui suit immédiatement le texte de l'Évangile d'aujourd'hui illustre à merveille la mission du Christ parmi nous. Jésus se présente comme le ‘Bon Berger’. Celui qui « conduit dehors toutes ses brebis, il marche à leur tête, et elles le suivent, car elles connaissent sa voix. » Il leur ouvre le chemin du Bonheur.

 

Jésus est la Porte du Salut. « Moi, je suis la porte. Si quelqu'un entre en passant par moi, il sera sauvé ! » Il offre à tous ceux qui ‘écoutent sa voix’ une vie heureuse et féconde  : « Moi je suis venu pour que les hommes aient la vie, pour qu'ils l'aient en abondance. » La vie, ce mot résonne particulièrement en nous en ce moment ! Ce chemin de Vie est tellement complexe que nous ne pouvons pas le traverser seuls, avec désinvolture et sans aucune barrière de sécurité. Nous avons besoin d’être orientés et conseillés. Jésus veille sur nous et nous offre sa protection contre les éléments qui pourraient nous faire du tort et nous détruire. Il est le passage qui donne accès à un espace nouveau ! Il ne nous enferme pas dans l’enclos mais nous emmène découvrir l’air libre et les grands horizons.

En cette occasion, Jésus utilise une comparaison marquante : Le contraste entre le Bon Pasteur qui s’occupe de ses brebis et le profiteur qui escalade la clôture causant du tort au troupeau. « Jésus employa cette parabole en s'adressant aux pharisiens, mais ils ne comprirent pas ce qu'il voulait leur dire. » C’est pourquoi, Il précisa : « Celui qui entre dans la bergerie sans passer par la porte, mais qui escalade par un autre endroit, celui-là est un voleur et un bandit. » Une grave accusation à l’encontre des guides spirituels garants de la foi du peuple !... Un message sans ambiguïté adressé à tous les responsables, religieux ou laïcs, qui contournent l’idéal qu’ils ont librement choisi et faillissent ainsi à leur mission.

Ce quatrième dimanche de Pâques est consacré à la prière pour les vocations. Le 4 août 2019, le pape François a adressé un message ‘à ses frères prêtres’ pour le 160e anniversaire de la mort du Curé d’Ars. Si d’emblée, dans son discours, le pape aborde la question « d’abus de pouvoir, d’abus de conscience et d’abus sexuel de la part de ministres ordonnés », il encourage la grande majorité d’entre eux à accomplir dignement leur mission : « Chers frères, merci pour votre fidélité aux engagements pris. Il est significatif que, dans une société et dans une culture qui a transformé le superficiel en valeur, il existe des personnes qui risquent et cherchent à assumer des engagements réclamant toute la vie. »

« La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. » (Lc 10:2) Plus que jamais, l’Église a besoin d’avoir dans ses rangs de ‘vrais bergers, qui donnent leur vie pour ses brebis’. Des personnes qui, par leur témoignage et par un choix particulier de vie, annoncent l’Évangile avec simplicité et humilité. Des messagers qui proclament avec sincérité la Parole de Dieu. Cependant, n’oublions pas que l’Église c’est nous !... Aujourd’hui, plus que jamais, l’Église est devenue l’affaire de chacun d’entre nous, et pas seulement celle des prêtres. Saint Paul nous rappelle cette évidence : « Vous êtes le corps de Christ, et vous êtes ses membres, chacun pour sa part. » (1 Cor 12:27) Soyons des membres actifs. L’Esprit-Saint nous invite à prendre notre communauté en charge, à lui donner de notre temps et de notre cœur.

Cet Évangile m'interpelle. ‘Le Seigneur est mon Berger !’ Il m’ouvre la voie vers le bon pâturage, vers mon vrai Bonheur. Et quelle place occupe-t-il dans mon cœur ? Ai-je souvent tendu l’oreille pour écouter sa voix ? Régulièrement, du fond de mon cœur, une Parole se fait entendre : « Viens et suis-moi ! » (Mt 9:9) Qu’ai-je fait de cet appel !...

« Le Seigneur est mon berger, je ne manque de rien. Sur des prés d’herbe fraîche, il me fait reposer. » (Psaume 22)

 

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3ème dimanche de PÂQUES  A

« Deux disciples faisaient route vers un village appelé Emmaüs, à deux heures de marche de Jérusalem… »

Ces deux hommes, tristes et déçus, retournent à leurs champs après un temps passé auprès de leur Maître. Ils attendaient beaucoup de ce ‘Jésus de Nazareth’, « un prophète puissant par ses actes et ses paroles devant Dieu et devant tout le peuple. » Ils ont espéré « qu'il serait le libérateur d'Israël ! » Mais tout semble à présent perdu, car « les chefs des prêtres et nos dirigeants l'ont livré, ils l'ont fait condamner à mort et ils l'ont crucifié. »

Sur cette route d'Emmaüs, dans ces moments de désarrois, pourtant, Jésus était là !... Il cheminait avec eux, mais ils ne Le reconnaissaient pas. Comme le dit saint Augustin : « La Vie marchait avec eux, mais Elle n’était pas encore entrée dans leur cœur. » Il reste absent de leur esprit, plongés qu’ils sont dans la tristesse et le désespoir, fuyant Jérusalem, cette ville où ils avaient rêvé du triomphe de leur Maître. Et il a fallu du temps, ce soir-là, pour que les siens Le reconnaissent vraiment pour ce qu'Il est. « Notre cœur n'était-il pas brûlant en nous, tandis qu'Il nous parlait sur la route, et qu'Il nous faisait comprendre les Écritures ? »

Cette route d'Emmaüs, c’est un peu comme un bout de chemin de notre vie. C’est la route que toute personne, un jour ou l'autre, devra sillonner. Là où l’on se pose beaucoup de questions sans réponses immédiates. Là où, souvent, on s'attend à tout autre chose qu'à Dieu lui-même... Sur notre chemin vers Dieu, nous marchons tantôt heureux et pleins d'espérances, tantôt accablés et mornes. Mais savons-nous que, auprès de nous, il y a cette présence inconnue qu'il nous faut reconnaître ? Jésus est toujours là, mais pas de la manière dont nous aurions imaginée ! Jésus que nous croyons connaître quand tout marche à merveille, est-il le même que celui que nous rencontrons dans nos afflictions et nos doutes ? La route qu’empruntent les deux disciples du Christ reflète l’image du parcours de notre foi avec tout ce qu'elle véhicule d'espoirs et d'illusions, de bonheurs et de souffrances. Alors que nous pensions marcher vers notre ‘village’, vers ce qui nous intéresse, Lui, Il nous conduit bien au-delà de notre espérance, vers le vrai Bonheur. Cette page d’Évangile nous rappelle la présence continuelle de Dieu sur nos pas, dans nos inquiétudes comme dans nos espérances.

Jésus nous rejoint sur notre chemin de foi sans que nous l'attendions. Dans nos moments de désolation et d’incertitude, Il vient lui-même nous poser cette question : « De quoi donc pouvez-vous bien parler en chemin ? » Quels sont donc ces attentes et ces doutes qui nous préoccupent tant tout au long de notre vie ? Qu'est-ce qui nous tracasse tant alors qu'à côté de nous, marche quelqu'un qui veut nous apporter son feu et sa chaleur ? Dans ces moments de désarroi, ne nous laissons pas envahir par l’angoisse. N'hésitons pas à nous ouvrir à Dieu. Confions-Lui nos joies, nos peines et notre espérance… Parlons-Lui de nos perplexités et pourquoi pas aussi de nos révoltes.

Les fragilités, nous les rencontrons souvent au cours de notre vie. Face à des situations qui nous dépassent, nous nous sentons des fois bien seuls. Nous avons besoin d’aide ! Ce n’est que lorsque nous reconnaissons notre vulnérabilité que la force de Dieu peut se déployer en nous, peu importe la situation dans laquelle nous nous trouvons. L’expérience de saint Paul nous ouvre un horizon nouveau. La grâce de Dieu l’a aidé à surmonter bien des épreuves. « Le Seigneur m'a dit : ‘Ma grâce te suffit, car ma puissance s’accomplit dans la faiblesse.’ » (2 Corinthiens 12:9) Venons souvent renouveler nos forces à la Source.

Le Seigneur ressuscité nous rejoint encore aujourd'hui. Allons à la rencontre de notre ‘Compagnon de route’ pour mieux Le découvrir. Puissions-nous avoir, nous aussi, le ‘cœur brûlant’ de le reconnaître et de l'accueillir.

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2ème dimanche de PÂQUES  A

Après les événements tragiques entraînant la mort de Jésus, la culpabilité hante encore ses disciples. Le remord les ronge. La peur les tenaille. Peur de subir le même sort du Maître. Ils se mettent alors à l’abri, loin de la foule. « Le premier jour de la semaine, les disciples avaient verrouillé les portes du lieu où ils étaient, car ils avaient peur des Juifs. »

C'est donc avec une joie immense qu’ils Le voient apparaître au milieu d’eux. Et quelle surprise d’entendre cette parole réconfortante : « La paix soit avec vous ! » Aucun reproche ! Son regard ne les condamne pas. Jésus vient leur offrir sa Paix pour qu’ils reprennent le chemin avec Lui pour aller répandre au monde entier son message de Paix et d’Amour.

À chacun de nous également aujourd’hui, Jésus vient nous offrir cette Paix. Une Paix toute intérieure, profonde et dynamique ! Bien plus qu'une simple sensation de bien-être et de détente du corps, la Paix du Christ nous permet de rentrer au plus profond de nous-mêmes pour une retrouvaille intime avec Dieu. « Je vous laisse ma paix, c’est ma paix que je vous donne, je ne vous la donne pas comme le monde la donne. » (Jn 14:27)

Nous avons vraiment besoin de cette Paix si indispensable à la vie. Cette sérénité nous donne du recul pour voir le côté le plus subtil des choses et nous aide à relativiser nos sources d’inquiétudes. C’est seulement dans la tranquillité d’esprit que nous parvenions à avoir un bon discernement des événements de notre vie. La Paix dans l’âme, certains obstacles s'avèrent maîtrisables, les soucis qui paraissent si graves deviennent non pertinents en partie.

JCependant, les stress incessants désorganisent souvent le beau rythme de vie que nous essayons d’édifier avec peine. Des impératifs professionnels, des obligations familiales, des imprévus... ont de quoi nous faire perdre le calme et nous submergent d’émotions. Dans une telle agitation, la Voix divine nous semble très lointaine, presque inaudible. Est-il possible de trouver la Paix intérieure dans la réalité de notre vie quotidienne ? Si !...

Il n'en tient qu'à nous d'accéder à cette quiétude de l’âme : Être en paix avec sa conscience, en harmonie avec Dieu et avec le monde qui nous entoure. Pour cela, de temps à autre, arrêtons-nous quelques instants pour nous immerger dans la Paix du Christ et retrouver notre véritable ligne d’horizon. Sereins et détendus, nous verrons mieux le chemin à suivre. Nous percevrons mieux ce que Dieu nous suggère pour notre bonheur. Le silence intérieur ! Cette sérénité ouvre toute grande la porte de notre cœur pour un contact intime avec Dieu et nous procure l’énergie nécessaire pour faire face aux difficultés de la vie. Le Bonheur se mesure par l’étendue de la quiétude dans l’âme. « C’est dans la tranquillité et le repos que sera votre salut, c’est dans le calme et la confiance que sera votre force. » (Ésaïe 30:15)

Le silence ! Et si on en parlait ? Ce grand oublié en cette période de confinement peut devenir un allié précieux pour nous aider à nous retrouver nous-mêmes. Un silence voulu et accepté. Cette sérénité recherchée est essentielle à notre bien-être spirituel et indispensable à une relation humaine harmonieuse. Un sésame pour trouver la Paix intérieure mais aussi pour faire grandir en nous l'attention aux autres. C’est le signe révélateur de la présence de l’Esprit-Saint en nous. Cette Paix intérieure ouvre largement notre cœur pour laisser s’y engouffrer un souffle d’Amour et un vent de générosité. Réservons-nous autant que possible des moments de silence pour découvrir ce chemin tout en douceur qui arrondit les angles et facilite les échanges. C’est la meilleure manière d'aborder la vie avec confiance.

Jésus ressuscité vient réchauffer le cœur de ses disciples. Les voici remis debout et fortifiés, prêts à aller répandre sa Bonne Nouvelle au monde entier. Nous aussi, venons puiser la Paix à sa Source pour la propager autour de nous !

Pâques, la plus grande fête chrétienne de l’année, nous rappelle que la Résurrection du Christ est le fondement de notre foi. Aux Corinthiens, saint Paul écrivait : « Si le Christ n’est pas ressuscité, notre prédication est vide et vide aussi votre foi » (1 Cor 15:14).

Dès le concile de Nicée en l’an 325 ‘Pâques est célébrée le dimanche qui suit le quatorzième jour de la Lune qui atteint cet âge au 21 mars ou immédiatement après’. La fête de Pâques correspond donc à la date de l´équinoxe du printemps, le moment où la nature se réveille. Tout un symbole ! Ainsi, ce n'est pas pour rien qu'on célèbre Pâques à cette période de l’année car la nature nous signale que la Vie est bien là, plus forte que jamais. L'hiver s’achève. La nature s’éveille, resplendissante ! Le printemps nous émerveille par sa beauté. Les fleurs font leur apparition, de plus en plus nombreuses. Toutes plus belles les unes que les autres. Une explosion de couleurs. Une merveilleuse hymne à la vie, rayonnante et magnifique ! Oui, c'est beau la vie ! Dieu l'a faite belle et bonne pour tous.

Ce qui vaut pour la nature, ne vaut-il pas d'autant plus pour nous ? La Résurrection du Christ nous encourage à vivre pleinement notre foi dans la joie. Croquons la vie à pleines dents et ce, dès maintenant ! La Vie, la vraie, celle qui nous éveille au bonheur, à l’Amour et à la chaleur humaine. Embrassons-la en toute simplicité ! Engageons-nous avec allégresse dans cette voie salutaire proclamée par la Bonne Nouvelle.

Fleurir là où je suis planté ! Chaque fleur, qu’elle soit modeste ou magnifique, possède toujours son propre charme et sa propre originalité. Elle ajoute, sans conteste, une touche de beauté, de magie et de bien-être autour d’elle. La vie est belle parce qu'il y a toujours moyen d'avoir accès aux joies les plus simples qui égaient l’existence. Cueillons-les et disséminons-les autour de nous. Soyons radieux et entraînons les autres dans notre sillage.

Mais cette année, le printemps vivifiant semble tarder à venir pour de nombreuses personnes ! La magie printanière ne s'est pas opérée comme d'habitude. La joie rayonnante ne s'est pas manifestée. Les fleurs sont bien là mais le cœur n’y est pas. Dans beaucoup de familles, le moral n’est pas au beau fixe. Le constat est sans appel : Une onde de choc secoue en ce moment le monde entier entraînant derrière elle un cortège de malheurs : deuil, souffrance et inquiétude... Tous les jours, des informations alarmantes nous rappellent que la maladie guette chacun de nous. L’ambiance est loin d’être festive !

Cependant, la Vie est toujours là, à qui sait la saisir, la toucher, la regarder, la sentir !... Malgré la crise, un autre Printemps est en train de se réveiller allumant un grand feu qui réchauffe les cœurs : des élans de solidarité et des trésors de générosité pour soutenir les plus vulnérables ou tout simplement de la chaleur humaine quand on ne peut pas faire autrement… Cette force vitale, puissante et stimulante, fait chaud au cœur. C’est ce feu que Jésus est venu jeter sur l’humanité : « Je suis venu apporter un feu sur la terre, et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé ! » (Lc 12:49) Un feu d’Amour et d’entraide est en train d’embraser notre monde en ce moment. C’est le signe que Jésus ressuscité est bien présent parmi nous !

Nous vivons en ce moment un printemps d'un genre nouveau, riche d’une impulsion toute intérieure. La soif de vivre ! Plus que jamais, nous apercevons que la vie est hors de prix. Nous découvrons que seules la Paix dans l’âme et la chaleur humaine nous comble de bonheur. Une vie toute simple en harmonie avec Dieu, avec ceux qui nous entourent et avec nous-mêmes. Le Christ ressuscité nous fait découvrir cette vraie Vie. Tout le reste n’est que futilité ! Pâques nous invite à vivre comme des ressuscités. Épanouissons-nous. N’oublions pas ceux que l’adversité écrase. Nous sommes tous envoyés auprès d’eux pour leur redonner le goût de vivre. Un accueil, une main tendue peuvent opérer un miracle de renaissance et remettre debout une personne abattue par la douleur et l’affliction.

Le Seigneur est ressuscité. Alléluia, alléluia !

Bonne fête de Pâques à toutes et à tous.

 
 Nguyễn Thế Cường - Un paroissien de l’église Sainte Claire

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dimanche de PÂQUES  A

 dimanche des Rameaux A

La liturgie du dimanche des Rameaux nous ouvre la porte vers la Semaine Sainte. Les deux textes de l’Évangile de saint Matthieu mettent en évidence un contraste saisissant entre l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem et son douloureux parcours vers le Golgotha ! Les gens l’acclamaient avec enthousiasme. Tous pensaient à l’entrée solennelle d’un roi dans sa ville. On croyait que le Messie allait prendre le pouvoir, chasser les Romains et restaurer la Royauté de David. Mais, hélas, ce cortège triomphal sera suivi quelques jours plus tard d'une cohorte haineuse. Les acclamations seront remplacées par des cris hostiles... Un renversement total de situation !

 

Dès l’arrestation de Jésus au Jardin des Oliviers, tout le monde Le lâchait, à commencer par Judas, pour quelques pièces d’argent. Ses disciples s’enfuyaient, ou tout au plus, Le suivaient de loin... Pierre, craignant pour sa vie, Le reniait jusqu’à trois fois quand les choses se passent mal. La panique ! Chacun ne pensent qu’à se mettre à l’abri...

La dernière personne, la seule, qui peut encore sauver Jésus de la mort, c’était Pilate, le gouverneur de Galilée. Il Le savait innocent et il conviendrait de Le faire relâcher ! Il savait que ceux qui L’accusaient n’étaient qu’un groupe d’opportunistes, imbus de leur pouvoir, jaloux de leurs privilèges et impitoyables envers quiconque osant s’opposer à eux. Ces gens se croyaient seuls détenir la vérité, mais c’est loin d'être le cas ! Jésus révèle cette réalité à Pilate : « Voici pourquoi je suis né et voici pourquoi je suis venu dans le monde : pour rendre témoignage à la Vérité. Quiconque est de la Vérité écoute ma voix. » (Jn 18:37) Une leçon à tous ceux qui prétendent tout savoir et ne prêtent aucune attention aux avis ou points de vue des autres. Et voilà, bien que Pilate ne se résigne pas à condamner Jésus, il Le livre aux mains de ceux qui sont jaloux de sa popularité, de sa franchise à dénoncer leur hypocrisie.

Alors, dans un geste solennel, il ‘se lave les mains’. L'expression est restée ! Geste souvent répété depuis. Pilate incarne, dans sa faiblesse, tous ceux qui ne cessent de se laver les mains face à une situation dérangeante... Une tendance à démissionner pour vivre dans l’individualisme. Une attitude qui dénonce notre égoïsme face à la souffrance de ceux qui nous entourent. Comme lui, des fois, nous fuyons nos propres responsabilités. Nous nous lavons les mains sur les difficultés de nos proches. Le geste sans cœur de Pilate doit réveiller en chacun de nous un appel solennel pour une prise de conscience. Jésus nous demande de nous retrousser les manches, de mettre nos mains à la pâte. N’ayons pas peur de prendre des risques en faveur de ceux qui ont besoin de notre aide. Il est urgent d’agir !

Le parcours de la Passion du Christ est un chemin difficile. Mais ne nous laissons pas aller au dolorisme. À son image, notre chemin spirituel n’est pas de tout repos. Des hauts et des bas, il y en aura toujours, mais ne nous arrêtons pas au premier obstacle. Regardons toujours vers l’avant. Avec courage, emboîtons les pas du Christ malgré les épreuves qui peuvent surgir sur notre route. « Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge chaque jour de sa croix et qu’il me suive. » (Lc 9:23) Son chemin va au-delà du Golgotha. Sa Résurrection nous ouvre la porte à la Vie. « Moi, je suis la porte. Si quelqu'un entre en passant par moi, il sera sauvé... » (Jn 10:9)

Bonne Semaine Sainte à toutes et à tous malgré l’impossibilité à participer en personne aux différents offices religieux. Continuons dans la prière et avec allégresse notre belle montée vers Pâques !

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5 eme dimanche de Carême A

Le miracle de la résurrection de Lazare manifeste la puissance de Dieu en Jésus. Il fait sortir son ami du tombeau. Jésus a le pouvoir de redonner la vie ! Une révélation importante qu’Il a faite à Marthe : « Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu. » Cet événement annonce sa propre Résurrection qui sera d’un tout autre ordre : La victoire du Rédempteur sur la mort !

En lien étroit avec l’Évangile, les textes de la liturgie nous préparent à célébrer Pâques, à exalter la Vie. En exil, le peuple Israël était comme mort. Le prophète Ézéchiel lui annonce que Dieu le ramènera à la vie : « Je vais ouvrir vos tombeaux […] je vous ramènerai sur la terre d’Israël. » Dans sa lettre aux romains, saint Paul nous invite à nous laisser vivre ‘sous l’emprise de l’Esprit’ : « Si le Christ est en vous, le corps, il est vrai, reste marqué par la mort à cause du péché, mais l’Esprit vous fait vivre, puisque vous êtes devenus des justes. »

« Lazare, viens dehors ! » Jésus ordonne à Lazare de sortir du tombeau. Il nous exhorte également à sortir de nous-mêmes pour rejoindre la vie, la Vraie, celle qui nous met en harmonie avec Dieu, avec nos proches et avec nous-mêmes. Trop souvent, nous nous emmurons dans nos préjugés et conformismes, dans la routine et l'indifférence. Tout cela nous enserre comme des bandelettes autour d'une momie. Débarrassons-nous des sentiments négatifs qui nous isolent, des superflus qui nous entravent. Réveillons-nous à la Vie ! Accueillons-la sereinement telle qu’elle nous est proposée par Dieu. Transmettons la joie et le bonheur à tous ceux qui nous côtoient. Ne nous laissons pas ballotter par les flots de la vie comme une épave dérivant au gré des courants en espérant que revienne vite l’accalmie.

Faisons tout en notre pouvoir pour rendre la vie meilleure pour nous-mêmes et pour tous ceux qui nous entourent. Durant cette période difficile autant sur le plan sanitaire que psychologique et organisationnel, prenons soin de nous-mêmes, faisons plus attention à nos proches, apportons-leur du soutien. Ne nous privons pas de Bonheur. Le Christ est là, Il est la Vie. Il est avec nous et en nous ! Un chrétien rayonnant et positif est un puissant témoin de l’Amour de Dieu dans le monde. Suivre le Christ, c’est entamer avec Lui le chemin vers le Bonheur et entraîner dans notre sillage tous ceux qui traînent les pieds dans leurs ennuis....

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4 eme dimanche de Carême A

« Rabbi, pourquoi cet homme est-il né aveugle ? Est-ce lui qui a péché, ou bien ses parents ? »

Une interrogation épineuse sur l’origine du mal !... Car pour les disciples du Christ, il y a bien une raison à l’infirmité de cet aveugle-né ! ‘Qui a péché ? Qui est responsable ?’ Pour eux, infirmité suppose culpabilité. Une relation de cause à effet ! Ce raisonnement semble bien primaire ! Leur question est brutale, certes, mais qui, un jour ou l'autre, ne l'a pas affrontée ? Et en cette période de crise sanitaire, la question devient encore plus insidieuse !

Ce type de discussion manifeste un profond malaise face à une forme d’inégalité sociale que personne n’a choisi. Certains sont nés riches et d’autres pauvres. Certains sont en pleine santé tandis que d’autres restent infirmes pour la vie ! C’est déconcertant pour tous, croyant ou non. Cette question insoluble du mal est le propos même de tout le livre de Job. C’est un homme juste et pieux, et pourtant il est plongé dans l’adversité la plus complète. Devant cette absurdité de la condition humaine, la foi chrétienne n’a jamais prétendu avoir la réponse.

Quand on est malade, il est terrible de s'entendre expliquer que c'est de sa faute et que l'on a bien cherché !... Cependant, il est toutefois vrai que certains types de comportement amènent des conséquences regrettables, mais ce n’est pas le cas de cet aveugle de l’Évangile, son invalidité est de naissance. Jésus refuse de s’engager dans ce genre de supputation. Et sa réponse ne se fait pas attendre, elle est claire et sans détour : « Ni lui, ni ses parents. » Ce n’est pas de sa faute ni celle de ses parents qu’il est né aveugle.

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Les textes liturgiques de ce dimanche nous rapportent deux récits qui évoquent l'eau comme source de vie. L’eau nous est indispensable. Une évidence ! Sans elle, il n’y a pas de vie possible sur terre. En effet, l’eau n'est pas seulement le creuset du vivant originel, elle en est l'élément primordial. Un indéfectible besoin lie l'homme à cet élément incontournable. Car n'oublions pas que l’eau est le principal constituant de notre corps. Et c'est dans ce milieu bénéfique et nutritif que la nature s’épanouit et se développe.

 

Le livre de l’Exode nous raconte la rébellion des hébreux contre Moïse et contre Dieu car ils ont soif. Ils errent depuis longtemps dans un milieu aride, sans eau. ....

.....L’Évangile nous relate la rencontre de Jésus avec la samaritaine au bord d’un puits. Jésus lui demande : « Donne-moi à boire. » Une requête somme toute banale et naturelle en soi provoque cependant l'étonnement de la femme. Elle ironise : « Comment ! Toi qui es juif, tu me demandes à boire, à moi, une samaritaine ? » Mais, en toute bienveillance et bonté, Jésus lui révèle : « Si tu savais le don de Dieu, si tu connaissais celui qui te dit : 'Donne-moi à boire', c'est toi qui lui aurais demandé, et il t'aurait donné de l'eau vive. »

 

« Si tu savais le don de Dieu... » 

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3 eme dimanche de Carême A

2eme dimanche de Carême A

La vie est un voyage parsemé d’aventures ! La foi est un engagement personnel dans la voie tracée par la ‘Bonne Nouvelle’. Un parcours continu à la suite du Christ. Une aventure jamais terminée... Un chemin de pèlerin à la recherche de l’Absolu ! Un long fleuve jamais tranquille qui peut prendre des fois la forme d'un courant sinueux semé d’embûches...

Les textes liturgiques de ce dimanche nous présentent la vie chrétienne comme un voyage. Une invitation à changer de vie. C'est d'abord l'appel adressé à Abraham : « Pars de ton pays… Va vers le pays que je te montrerai. » Un appel à l’abandon total dans les mains de Dieu. Pour Abraham, c’est le point de départ d’une grande aventure de la foi. Il se met en route et part à la découverte d’un pays inconnu, faisant confiance à la voix divine. L'Évangile nous relate ensuite le récit de la Transfiguration. Jésus révélait à ses disciples la gloire qui sera la sienne le jour de Pâques. Mais, avant d’atteindre ce point culminant de la mission du Maître, ils auront à passer par un sentier étroit et cahoteux. ‘En descendant de la montagne’, Jésus les ramène à la réalité de la vie. Emboîtant les pas du Christ, les apôtres devront se lancer dans une aventure audacieuse tout en Lui restant fidèles malgré les difficultés. Leur foi sera mise à rudes épreuves avant de pouvoir assister à sa Résurrection…[ ]

…Il est temps de nous poser quelques questions essentielles : ‘Ai-je entendu l'appel du Christ ? Est-ce que je me suis vraiment mis en route ?’ Car, des fois, au lieu d'avancer, nous faisons du surplace ! La vie chrétienne est une aventure. Suivre Jésus n’est pas de tout repos. Nous sommes invités à progresser et à nous améliorer sans cesse.

Trop de gens se contentent de leur médiocrité en répétant à chaque occasion : ‘Je suis comme ça. Pas toujours facile de changer mes habitudes !’ Il faut savoir sortir de notre zone de confort pour se lancer dans l’aventure des projets enrichissants pour la vie. Oser quitter la commodité immédiate pour un bonheur durable. Dieu nous invite à renforcer nos acquis spirituels et à rectifier, si besoin est, l’orientation de notre vie. Il n’est jamais trop tard !

Par sa Transfiguration, Jésus nous appelle à vivre une réelle transformation. Un changement profond de notre être intérieur, de notre façon de penser et de notre manière de voir les choses. Saint Paul nous exhorte : « Ne vous conformez pas au monde présent, mais soyez transformés par le renouvellement de l’intelligence, afin que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu : ce qui est bon, agréable et parfait. » (Romains 12:2) Pour cela, l’appel de Dieu le Père nous invite à faire confiance à la ‘Bonne Nouvelle’ proclamée par Jésus.

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1er dimanche de Carême A

...L’Évangile de ce dimanche nous invite à suivre Jésus dans le désert. Cette immensité calme et sereine a toujours fasciné les hommes en quête d'absolu. Un lieu où l’on ne pourra jamais se targuer d’en avoir exploré l’intégralité. Cet espace isolé nous donne la sensation d’être coupés du monde. Par sa solitude dépouillée, le désert provoque un réveil vivifiant où tout est remis en question ! Y pénétrer, c’est s'éloigner de la foule pour mieux se retrouver.

Cet horizon à perte de vue nous reconnecte à ce que nous sommes, avec franchise et sans détour. Ce passage dans notre désert intérieur nous apprête à la rencontre en tête-à-tête avec Dieu. Au fin fond de nous-mêmes, le Seigneur nous ouvre les yeux sur d’innombrables tentations qui nous assaillent. De manière symbolique, ‘le tentateur’ essaye de nous enfermer dans les satisfactions de la richesse et du pouvoir. Il cherche à remplacer Dieu par les biens de consommation et les exigences frivoles. De toutes parts, les messages séducteurs essaient de nous convaincre de suivre la mode et de rechercher les plaisirs de la vie. L’abondance de biens matériels crée en nous des besoins. Et insensiblement, cette soif d’acquisition fait de nous des esclaves. Les superflus nous asservissent ! Ainsi encombré, notre cœur ne dispose plus de place vacante pour Dieu ni pour les autres....

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7ème dimanche du Temps Ordinaire A

« Si quelqu'un te gifle sur la joue droite, tends-lui encore l'autre ... »

Aie !... Pensez-vous réellement pouvoir tendre posément la joue gauche à celui qui vient de vous défoncer la droite ? Pensez-vous pouvoir faire du bien à celui qui vous harcèle, vous traîne dans la boue, bref vous persécute ?... On imagine un craintif qui encaisse tout, qui courbe l'échine et encourage par là son persécuteur à poursuivre son agressivité, à brutaliser encore davantage ! Pas facile à justifier une telle attitude, car rien ne prouve que l’adversaire ne va pas profiter de ce qu’il risque d’interpréter comme de la faiblesse pour récidiver ! Et franchement, croyez-moi, nous avons souvent du mal à retenir notre réaction explosive...

Cette Parole du Christ nous met vraiment mal à l’aise. Face aux violences et à la haine, Jésus nous demande de répondre par le bien. Un message renversant ! Mais ce qui nous surprend encore plus dans ce passage de l’Évangile, c’est quand Jésus nous dit : « Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent. » Car ‘Aimer’, pour Jésus, ce n’est pas seulement s’abstenir de faire du tort, mais c’est encore d’ouvrir notre cœur pour offrir l’hospitalité à l’ennemi, sans rien attendre en retour. C’est surpasser nos humeurs envers ceux qui nous agacent ou nous haïssent... Cela dépasse nos capacités humaines. Des fois, il n’est pas bien aisé de témoigner notre affection à ceux qui nous aiment, comment étendre l’amour à l’extrême, jusqu’à aimer nos ennemis ? Pourtant, Jésus l’a fait lorsqu’il invoque sur la Croix le pardon pour ses bourreaux : « Père pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font. »

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6ème dimanche du Temps Ordinaire A

« Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n'entrerez pas dans le Royaume des cieux. »

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......« Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande sur l'autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande là, devant l'autel, va d'abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande. » Saint Jean souligne : « Si quelqu’un dit : 'J’aime Dieu', et qu’il haïsse son frère, c’est un menteur, car celui qui n’aime pas son frère qu’il voit, ne peut aimer Dieu qu’il ne voit pas. » (1 Jn 4:20)Avant d’être des consignes, la loi divine nous indique une direction à suivre. Elle n’est pas un carcan qui nous enferme mais un guide pour nous orienter dans notre démarche vers Dieu. Il faut ‘surpasser’ le cadre des règlements pour ouvrir largement notre cœur à l’amour et à la générosité.

Ne soyons pas uniquement un chrétien du dimanche qui observe cette belle pratique religieuse. Guidés par une piété profonde et sincère, associons avec justesse la démarche religieuse à notre comportement dans la vie sociale, car la stricte conformité aux rituels n’exprime pas une véritable expression de la foi chrétienne dans la vie quotidienne. ‘La qualité de notre vie chrétienne se mesure à notre capacité à aimer’ nous dit le pape François. ....

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« Vous êtes le sel de la terre. […] Vous êtes la lumière du monde. »

Le sel et la lumière sont les deux éléments indispensables à l’épanouissement de la vie. Ils ont en plus un point commun : ce sont des révélateurs. Le sel rehausse la saveur des plats et donne du goût aux aliments. La lumière illumine son environnement et révèle la beauté du monde. L’allusion à ces deux notions évoque des qualités phares d’une personne !

Un réflexe spontané nous pousse à refuser cette désignation pour nous-mêmes. Nous estimons que nous ne nous sentons pas à l’aise dans cette déclaration de Jésus. Nous serions bien embarrassés de nous mettre en valeur aux yeux des hommes.

Mais ne nous y trompons pas ! Rien à voir avec le fait de se montrer ou d’étaler son savoir-faire. Jésus nous invite tout simplement à mettre à disposition nos talents au profit de ceux qui en ont besoin. Il ne s’agit nullement de nous mettre en évidence pour recevoir honneur et louange. Au contraire, il nous faut de l'humilité et une très grande délicatesse pour rendre service et guider notre entourage vers la Lumière de Dieu.

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5ème dimanche du Temps Ordinaire A

Fête de la Présentation de Jésus au Temple   A

Très peu de temps après la naissance de Jésus, Marie et Joseph se soumettent aux coutumes prescrits dans le Livre Lévitique. Ils viennent présenter leur enfant au Seigneur et offrir pour lui le sacrifice prescrit par la loi. « Quand fut accompli le temps prescrit par la loi de Moïse pour la purification, les parents de Jésus l'amenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, selon ce qui est écrit dans la Loi. »

Cette démarche est pour Marie et Joseph l’occasion de découvrir un peu la personnalité et le mystère de leur Enfant. Ils apprennent que Jésus ne leur appartient pas. « Le père et la mère de l’enfant s’étonnaient de ce qu’on disait de lui. » Toutefois, c’est auprès d’eux que Jésus prépare sereinement sa mission pour l'humanité tout entière.

Le récit de sa Présentation au Temple souligne le destin messianique de Jésus et termine par cette phrase émouvante : « L'enfant grandissait et se fortifiait, rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui. » Il y a dans cette brièveté tout le cadre de la vie de Jésus au sein d’une famille harmonieuse. Le salut de l’homme passe par ce foyer d’Amour !                                                                             lire la suite

3 ème dimanche ordinaire  A

Jésus « marchait au bord du lac de Galilée. » Il cherche à recruter ses premiers collaborateurs. Il va au-devant des gens et les appelle. Il s’adressait à Pierre, André, Jacques et Jean et les invite à Le suivre. « Venez derrière moi, et je vous ferai pêcheurs d'hommes. »

À ce moment précis, les heureux élus sont occupés. Non pas dans l’exceptionnel, mais en pleine banalité de leurs activités journalières, pendant qu’ils s’affairaient à préparer les filets pour la pêche ! Un climat de confiance réciproque s’installe... Par la suite, aucun autre dialogue n’est rapporté par l'Évangile, seulement ce fait surprenant : « Aussitôt, laissant leur barque et leur père, ils le suivirent. » Ce jour-là, les quatre pêcheurs n’ont pas hésité à tout laisser pour suivre Jésus, une personne quasiment inconnue mais recommandée par Jean Baptiste. Cette réponse généreuse des futurs apôtres va complètement transformer leur vie.

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2ème dimanche ordinaire  A

Nous entrons dans le ‘Temps Ordinaire’ de l’année liturgique ‘A’. Ce ‘Temps Ordinaire’ nous évoque notre ‘vie ordinaire’ de tous les jours, avec tout ce qu’elle comporte : les joies et les peines, le travail et les soucis, les moments de bonheur et d’adversité. Une vie souvent simple et sans faste ! C’est notre quotidien !

La vie ordinaire d’une personne travaillant pour subvenir aux besoins de sa famille, d’une mère veillant sur le bien-être de son foyer, d’un jeune scrutant son avenir, d’un malade souffrant sur son lit d’hôpital, d’une personne âgée cherchant du réconfort… La vie ordinaire de nous tous ! Nous essayons de la vivre en bonne intelligence avec tous ceux qui nous entourent… Mais parfois, le rythme de ce train-train quotidien nous semble lent et routinier. Tellement banal que nous trouvons l’effort quotidien désagréable.

Nous rêvons d’exploits et de prouesses au point de ne plus savoir apprécier les petits bonheurs simples parsemés dans notre vie. Nous ambitionnons à quelque chose de plus excitant que cette vie considérée comme trop ordinaire. Et des fois, nous nous mettons dans la tête l’idée que 'si je vais à l’autre bout du monde, je trouverai mon bonheur'. Pourtant, une vie simple et épanouie peut nous remplir de joie et nous mène vers le chemin de la sainteté. Cette voie là passe souvent par de petites choses sans nom.

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Baptême de notre Seigneur

L’événement du baptême de Jésus nous donne l’occasion de réexaminer notre démarche de foi au sein de la communauté des chrétiens. Pour la majorité d’entre nous, notre baptême a été décidé par nos parents. À présent, il est temps de témoigner notre engagement personnel sur la voie tracée par le Christ.

Où en suis-je actuellement ? Un chrétien de nom ? Un chrétien passif qui se laisse guider sans jamais prendre l’initiative ? Ou un chrétien engagé, guidé par la foi, qui donne son temps à Dieu et au service des autres ?

Le chrétien est appelé à vivre activement sa foi éclairée par la lumière de l’Évangile. Pour saint Jacques, la relation entre Foi et Action est primordiale : « Mes frères, si quelqu’un prétend avoir la foi, sans la mettre en œuvre, à quoi cela sert-il ? […] La foi, si elle n’est pas mise en œuvre, est bel et bien morte. » (Jc 2:14,17) Croire et agir doivent aller de pair ! Dans sa lettre aux Corinthiens, saint Paul insiste : « J’aurais beau être prophète, avoir toute la science des mystères et toute la connaissance de Dieu, j’aurais beau avoir toute la foi jusqu’à transporter les montagnes, s’il me manque l’amour, je ne suis rien. » (1 Cor 12:2) Le disciple du Christ doit savoir ouvrir largement son cœur et ses bras aux prochains. C’est le témoignage concret de notre appartenance à son Corps sacré. « À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres. » (Jn 13:35)

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Epiphanie de notre Seigneur

« Debout, Jérusalem, resplendis ! Elle est venue, ta lumière, et la gloire du Seigneur s’est levée sur toi. […] Lève les yeux alentour, et regarde : tous, ils se rassemblent, ils viennent vers toi... » se réjouit le prophète Isaïe. (Is 60 :1-3)

Épiphanie, Dieu s’est révélé à l’humanité ! À tous sans exception, mais seuls ceux qui le cherchent vraiment le trouvent. Saint Paul insiste bien sur cette universalité du mystère de l’Incarnation : « Ce mystère, c’est que les païens sont associés au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse, dans le Christ Jésus, par l’annonce de l’Évangile. »

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La Sainte Famille

   Comme beaucoup d'entre vous, j'imagine, j'adore l'ambiance de Noël !  Au delà de toute signification re  ligieuse, Noël est le symbole d'un moment de fête partagé en famille.  En quelque sorte, l'apothéose en beauté de l'année.  Noël réchauffe les cœurs, allume des étincelles dans les yeux des enfants, mais aussi dans ceux des adultes qui sont nombreux à garder une part d'enfance en eux, à s'émerveiller devant ‘la magie de Noël’.  Cette période magique où l'air est mystérieusement chargé de quelque chose de subtil et d'indéfinissable.  C'est un temps où les soucis se mettent en pause et où nos âmes d'enfants se réveillent.
       Noël nous remplit de tant de joie et d’allégresse que nous célébrons chaque année cette fête avec plus d’attention que nul autre événement.  C’est un instant de bonheur bienvenu dans la monotonie de notre vie quotidienne.  Plusieurs voient Noël comme une fête de famille et de chaleur humaine.  Les gens partagent de saines joies et de délicates émotions.  Une fête qui réchauffe les cœurs et nous incite aux actes de pure générosité.  Un moment de paix et de fraternité où l’on partage les instants de bonheur.  Pour les chrétiens, dans cette ambiance de fête, une pause devant la Crèche s’impose.  Cette scène qui retrace les premiers moments de Jésus dans notre monde nous invite à méditer sur le sens profond de cette fête.     

On attribue à saint François d’Assise l’invention de la première Crèche vivante.  En 1223, il décide de représenter le mystère de Noël dans une grotte.  Cette tradition est par la suite perpétuée jusqu’à nos jours dans de nombreuses églises et aussi dans beaucoup de foyers chrétiens.  Nous sommes habitués à une représentation de la Crèche qui présente une Mère et son Enfant, Marie et Jésus, et le père adoptif, Joseph.  Souvent, bien d’autres personnages représentant des scènes de la vie quotidienne viennent compléter le décor.
       Prier devant la Crèche, je me ressens comme un personnage de plus dans ce symbole de la Nativité.  Je me vois cherchant discrètement une place dans cette grotte de Bethléem pour me recueillir devant cet Enfant-Dieu.  Avec les personnages de la Crèche, mon regard se pose avec tendresse sur la Sainte Famille.  Une famille heureuse et admirable dans une extrême pauvreté.  Jésus, Marie, Joseph prennent place ainsi au plus intime de mon cœur.
       Le message de Noël résonne alors de toute sa force : ‘Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté.’  Je me plais à imaginer les foyers chrétiens en ce moment, lumineux et joyeux, comme le fut celui de la Sainte Famille.  C’est cette Lumière de la Nativité qui éclaire nos vies et qui, dans nos difficultés et nos misères personnelles, nous pousse à avancer courageusement.  Chaque foyer chrétien devrait être un havre de sérénité où, au-delà des petites contradictions quotidiennes, on trouve une affection vraie et sincère, une profonde tranquillité, fruit d’une foi réelle et vécue.

      Que Jésus, Marie et Joseph puissent trouver dans toute famille chrétienne un accueil généreux au cours de la Sainte Nuit. 

       Joyeux Noël à toutes et à tous !


       Nguyễn Thế Cường

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